Alain Lecouedic, Co-Directeur des Services Financiers Asie et Partenaire chez Roland Berger

"Il y a beaucoup plus de choses à faire en termes d’élargissement du spectre de nos compétences tout en gardant une spécificité autour des sciences de la vie."

Le domaine du conseil vous attire ? Vous voulez en apprendre davantage ? 

1985-1988

AgroParisTech - Institut des des sciences et industries du vivant de l'environnement

Spécialité EGE 

Paris, France

1990-1993

Consultant Senior chez Arthur Andersen

Paris, France​

1993 - 1995

MBA, Management

Columbia Business School

1995 - 2002

Consultant chez A.T. Kearney

New York / Hong-Kong

2002 - 2010

Partenaire & Directeur chez The Boston Consulting Group 

Hong-Kong​

2015-Aujourd'hui

Fondatrice de la compagnie French Elixir, Experte en Parfumerie

Hong-Kong

Pouvez-vous nous parler de votre formation au sein de l’école ?

 

J’ai effectué mes classes préparatoires au Lycée Chateaubriand à Rennes et j’ai trouvé la filière BCPST plus équilibrée et générale en termes de sujets étudiés. Je n’avais pas encore une idée solide de ce que je voulais faire. J’ai intégré l’Agro en 1985 (à l’époque INAP-G) et j’ai effectué ma spécialité de 3ème année en Economie et Gestion de l’Entreprise avec Jacques Nefussi. Cela m’a beaucoup intéressé; aussi, en stage de fin d’études, j’ai voulu me diriger vers le conseil managérial et ai rejoint Arthur Andersen (peu après devenu Andersen Consulting et enfin Accenture), pendant six mois. J’ai, par la suite, continué chez eux pendant trois mois supplémentaires avant de partir à Londres pour y effectuer mon service militaire (encore obligatoire à l'époque), en VSNE pour la Sopexa. 

 

Êtes-vous retourné travailler dans le domaine du conseil par la suite ?

 

Il y avait déjà une opportunité pour moi de rester chez Andersen avant que je parte effectuer mon service militaire. C’était donc assez naturel d’y revenir par la suite effectivement.  J'y ai passé 2 ans et demi à mon retour de VSNE, avant de partir faire un MBA en 1993 à Columbia. 

 

Quelle a été votre motivation pour effectuer cette formation complémentaire ? 

 

Pour pouvoir pleinement travailler en stratégie, cette formation s’avérait nécessaire. En EGE, j’avais acquis une excellente vision générale de l’entreprise que ce soit en gestion, finance et marketing mais il me manquait de l’approfondissement sur ces sujets-là, surtout sur l’aspect stratégique. À la sortie de mon MBA en 1995, j'ai rejoint un des leaders du Conseil en Stratégie, A.T. Kearney dans leur bureau de New-York puis j’ai demandé mon transfert au bureau de Hong-Kong en 1998 (ma femme étant d'ici). J'ai d'abord beaucoup travaille à Hong-Kong, Taiwan, Singapour, et autres pays d'Asie du Sud-Est (Malaisie, Thaïlande). En 2002, et je décidai de changer d’entreprise une nouvelle fois pour rejoindre BCG et continuer à faire du conseil "classique", alors qu'A.T. Kearney avait été acquis par un groupe de services informatiques. Après huit années chez BCG, j’ai été approché par Roland Berger qui m'a donné la possibilité de travailler principalement sur la Chine, un gros marché de par son développement actuel important. Mes clients sont principalement du secteur des services financiers locaux et internationaux : des banques, des assureurs, des gestionnaires d'actifs, des sociétés de courtage etc. 

 

En quoi consiste le conseil en stratégie ? 

Cela consiste à conseiller nos clients de niveau "Direction Générale" sur des sujets en tous genres qui les préoccupent au plus haut point (entrée dans un nouveau marché, croissance des revenus, efficacité opérationnelle, etc.) et pour lesquels ils ont besoin d'y voir plus clair.  Ces sujets peuvent être de nature stratégique, opérationnelle, touchant à l'organisation, aux ressources humaines, et typiquement sont considérés suffisamment importants pour justifier une aide extérieure. 

Nous pouvons être présents pour supporter une acquisition ou une fusion et par conséquent conseiller sur la marche à suivre; le conseil en stratégie peut aussi s'attacher à l'amélioration de l'efficacité opérationnelle , la réduction des couts. En Asie et jusqu’à présent, nous abordons principalement des sujets de croissance. Nous sommes capables également d’accompagner nos clients quant à leur présence et leur organisation régionale (rôle du centre régional par exemple) car l’Asie est une zone vaste et diversifiée.  De plus en plus, le rôle du digital et sa place dans l'amélioration de la performance est un sujet qui préoccupe aussi nos clients, et sur lequel nous intervenons à leurs côtés.

 

Typiquement, comment se déroule une de vos missions ?

 

Il y a d’abord une phase d’acquisition des données, d'analyses et d'interviews pour établir des points de diagnostic solides et ce que nous recommandons pour les adresser – De plus en plus souvent nous sommes aussi impliqués dans les phases de support à l'exécution. En termes d’acquisition de nouveaux projets, cela dépend des clients : certains font des demandes formelles sous la forme d’un appel d’offre et sélectionnent le cabinet de conseil avec lequel ils souhaitent travailler après un "beauty contest", notamment en Chine. Pour d’autres, comme les compagnies internationales, c’est parfois différent : nous entretenons des discussions sans qu’il y ait forcément de projets immédiats à la clé, afin de leur faire part de nos avis sur les perspectives à envisager, discuter avec eux pour générer un intérêt sur des sujets d'importance. Pour l’exécution de projets, nous mettons en place une petite équipe avec des profils complémentaires qui travaillent typiquement chez le client pendant quelques semaines ou quelques mois. 

 

Que vous a apporté votre formation d’ingénieur agronome ?

 

La formation en classes préparatoires a été essentielle pour acquérir une discipline, une rigueur de travail et des capacités d’analyse fortes. Nous sommes également, de part notre formation en sciences du vivant, plus à l’aise avec les concepts qui ne sont pas forcément "mécaniques" et binaires. Nous sommes habitués très tôt à manier l’incertitude. L’année de spécialisation en EGE m’a beaucoup aidé car elle m’a ouvert l’esprit sur d’autres questions et d’autres intérêts en rapport avec l'économie générale et la gestion des entreprises. Notre formation, comme celle des autres grandes écoles (Centrale, Ecole des Mines) nous permet d'aborder un champ très vaste de problématiques au-delà des sujets du vivant. Nous pouvons encore élargir nos domaines de compétences et d'activité tout en gardant une spécificité autour des sciences de la vie.

Il faut garder en tête la notion d’excellence que nous a apporté l’école et les classes préparatoires mais encourager encore plus la diversité de nos secteurs d’emplois possibles et de nos champs d’applications. Il faut promouvoir cette excellence tout en maintenant et en développant notre leadership sur les sciences du vivant. Ce qui compte c’est la sortie de l’école et il faut encourager le débat sur la stratégie à adopter pour continuer à valoriser au mieux notre formation. 

 

Auriez-vous un conseil à donner pour les étudiants ? 

 

Toujours viser à obtenir des fonctions qui nous permettent un épanouissement professionnel mais aussi personnel. Ne pas hésiter aussi à être ambitieux et motivés. Si nous sommes motivés, nous pouvons faire une différence importante. Nous sommes en forte compétition avec les autres écoles face aux employeurs et il faut entretenir cette différence et notre valeur afin de se démarquer du reste.

Ce que nos employeurs recherchent, c’est la vision d’excellence qui a contribué à notre sélection. Ils apprécient aussi l’ouverture et la maturité d'esprit qu'un passage à l’Agro nous enseigne.

Conseil - Roland Berger - Hong-Kong - Stratégie - Finance

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