Bénédicte Chevalier, Building Volunteer, Habitat for Humanity of Westchester

Je suis arrivée dans l’entreprise au moment de la fusion avec une autre coopérative; il y a donc eu nécessité de réorganiser certains processus et de recréer un dialogue, notamment entre la production et le terrain. J’ai beaucoup aimé cela.

Quels métiers après une spécialité en zootechnie ? Une carrière avec des changements de postes régulier ? Retrouver un travail aux Etats-Unis ?

1993-1996

Etudiante, INA-PG

 

1997-2001

Nutritionist, Groupe CCPA

 

2002-2006

Project Manager, Nonprofit Organisation

 

2007-2010

Market Researcher, ADquation Etudes Marketing

 

2011-2014

Project Manager- Nutrition & Feed Formulaton

 

2015-2017

US Market Research Specialist, Groupe AGRIAL

 

2017-Aujourd'hui

Building Volunteer, Habitat for Humanity of Westchester

Le métier de vos rêves étant petite ?

Je voulais faire un métier en lien avec la nature et les grands espaces. 

Votre métier actuel en quelques mots ?

J’étais consultante pour AGRIAL, je réalisais des études de marché, de la veille innovation, des notes de tendances consommateurs.

Motivation en se levant le matin ?

 

Travailler avec des personnes venant d’horizons différents du mien.

Ce que la formation à AgroParisTech vous a apporté ?

 

Beaucoup de choses : une grande ouverture, une approche globale des problématiques et le travail en équipe 

 

Les enjeux majeurs des futurs agros?

 

D’arriver à vendre la formation. Je pense que les sciences de la vie donnent une tournure d’esprit rationnelle et en même temps, une vision holistique qui est une belle empreinte digitale.

Conseil pour les étudiants ?

Ne lâcher pas vos rêves (si je le fais à l’américaine !)

 

La vie à New-York ?

Le Westchester est un peu une bulle. On vit proche de la nature tout en étant à proximité de NYC, ce qui est très agréable d’un point de vue familial. Par certains aspects, je trouve que ça fait années 50 : souvent, le mari poursuit sa carrière, la femme gère tout le reste et s’investit dans la vie associative. J’avoue que cela ne correspond pas tout à fait à mes aspirations !

Quelle spécialité avez-vous suivi à l’agro ?

J’ai choisi la spécialité zootechnie. Nous étions assez nombreux (une bonne trentaine d’élèves) et il y avait une équipe de professeurs très dynamique qui nous donnait une ouverture complète sur les filières des productions animales. Il y avait un bon équilibre entre les cours et les cas pratiques. Cette spécialisation couvrait aussi bien l’amont que aval des filières, ce qui la rendait très intéressante.

Où avez-vous fait votre stage de fin d’étude ?

Je suis partie en Italie avec pour idée de travailler sur une AOC. Un professeur m’avait mise en relation avec un de ses contacts dans le syndicat du parmesan, le Parmigiano Reggiano. Au dernier moment mon stage a été annulé, mais j’ai quand même pu trouver une entreprise qui m’a proposé de faire cette étude de filière chez eux. C’était un cabinet qui aidait les petites structures agro-alimentaires à passer aux certifications ISO et HACCP, ce qui m’a permis d’aborder mon stage sous cet angle.

 

Dès votre stage de fin d’étude, vous décidez de partir à l’étranger. Est-ce qu’avoir une expérience à l’étranger vous semble important ?

Dans les années 96, le marché du travail était tendu et l’Agro encourageait plus les élèves à faire un stage qui débouche sur un emploi qu’à partir à l’étranger sans aucune promesse pour la suite. De mon côté c’était une ouverture dont j’avais besoin à ce moment là. Il me semble que l’école est maintenant plus tournée vers l’international et c’est tant mieux.

A la fin de votre stage de fin d’étude, vous choisissez de rester dans la filière agricole. Dans quelles entreprises avez-vous travaillé ?

Je suis parmi ceux, minoritaires, à avoir choisi de poursuivre dans la branche agricole. Après mon stage, j’ai travaillé pour un institut technique qui s’appelle l’IFIP, qui représente la filière porcine. J’y suis restée environ un an et travaillais au sein du pole économie. Par la suite j’ai eu envie d’une mission plus opérationnelle et ai rejoint CCPA, une firme services en nutrition animale. J’avais en charge le suivi technique de plusieurs clients français et internationaux pour la partie formulation, avec également de la veille réglementaire.

 

En 2002, vous vous engagez dans le monde associatif. Pouvez-vous nous en dire plus sur cette expérience ?

 

Lorsque nous avons déménagé à Avignon avec mon mari, j’ai démissionné de mon poste à CCPA. Cela correspondait à la période où nous avons eu nos enfants. J’ai travaillé de façon bénévole pour une association caritative, ce qui correspondait à un désir que j’avais depuis toujours. C’était l’occasion d’être présente pour ma famille et d’avoir un engagement un peu différent qui avait aussi beaucoup de sens pour moi. Au Secours Catholique, j’étais responsable du service “vacances familiales” : il s’agissait d’accompagner des familles en difficulté dans le montage d’un projet de vacances. Ces familles n’avaient pas l’opportunité de se couper de leur quotidien, et ce voyage leur donnait l’occasion de s’impliquer dans un projet structurant, de se retrouver en famille et de recharger leurs batteries. Je me chargeais aussi d’articuler tous les dispositifs sociaux existants pour les aider.  Ce fut une expérience très enrichissante.

Combien de familles pouvaient bénéficier de cette aide du Secours Catholique ?

Nous permettions à une trentaine de famille de partir par an. On s’adresse à un public qui, étonnement, est difficile à convaincre. En effet, ils sont pris dans leur quotidien et les difficultés qu’ils doivent surmonter, et l’idée de partir à l’inconnu est parfois déstabilisante. Heureusement le bilan était toujours très positif. J’ai découvert le secteur associatif, c’était une belle expérience.

Suite à cette expérience de bénévolat vous revenez dans le milieu agricole en tant que charge d’études marketing. Etait-ce un métier complètement nouveau pour vous ?

Nous sommes revenus en région parisienne et j’ai travaillé pour une entreprise spécialisée en études marketing dans le secteur agricole, ADquation Etudes Marketing. C’est une petite entreprise dynamique à taille humaine créée par deux anciens agro.

Je travaillais au sein du service des études ad hoc, réalisées sur mesure, selon un brief client, qui pouvaient être des entreprises phytosanitaires,  des institutions ou encore des acteurs de la santé animale.

C’était encore un nouveau métier avec une méthodologie propre et la possibilité d’apporter des réponses et des recommandations concrètes aux clients, en se basant sur des informations de terrain.

A peine deux ans après le début de ce nouvel emploi votre mari a une opportunité pour un nouvel emploi. Vous travaillez alors chez AGRIAL, quel était votre rôle ?

En effet, cela a été frustrant pour moi de quitter ADquation car 2 ans et demi c’est court, et je m’y épanouissais. En même temps, revenir nous installer en Bretagne était un projet familial très clair.

Je suis revenue à la nutrition animale, cette fois au sein d’AGRIAL, groupe coopératif agricole basé à Caen. J’avoue au départ avoir été un peu sur la réserve, car j’avais l’impression de repartir en arrière, mais en fin de compte j’ai beaucoup aimé ce poste. J’étais responsable du service formulation, donc techniquement proche de mon précédent métier à CCPA. En revanche ma mission était beaucoup plus opérationnelle, puisqu’elle était reliée à la production, répartie dans 4 usines. Il y avait donc beaucoup d’interactions et de travail transversal avec les différentes unités, les achats, la qualité, les équipes commerciales. De plus, je suis arrivée dans l’entreprise au moment de la fusion avec une autre coopérative; il y a donc eu nécessité de réorganiser certains processus et de recréer un dialogue, notamment entre la production et le terrain. J’ai beaucoup aimé cela. Cela a aussi été l’opportunité de mettre en place des outils informatiques qui ont fluidifié la gestion des informations, et d’être disponible pour des projets de R&D avec d’autres équipes. En l’espace de 3 ans, Agrial s’est beaucoup développée, et continue !

En 2015, vous déménagez aux Etats-Unis, vous continuer à travailler pour AGRIAL. Quelles étaient alors vos missions ?

L’opportunité qui s’est présentée à mon mari de partir aux Etats-Unis nous a semblé à ne pas manquer. A mon départ, le directeur R&D d’Agrial m’a proposé de continuer à travailler pour eux en freelance, sur des études de marché et de veille innovation sur le territoire américain, pour tout ce qui concerne leurs secteurs d’activité. C’était très large, car cela balaie les productions végétales, animales, le machinisme, les salades 4e gamme, les produits laitiers... Grace à cela, j’ai appris beaucoup sur les secteurs agroalimentaire et agricole américains.

Au bout de 2 ans vous décidez de quitter AGRIAL. Quelles étaient les raisons de ce choix ? Le secteur de l’emploi américain est-il attractif pour un agro ?

Au bout de 2 ans, j’avais du mal à voir la finalité pratique de ce que faisais. La mission s’est terminée de mon initiative au mois de février. Je suis donc à la recherche d’une nouvelle opportunité, en ouvrant le champ à d’autres secteurs que l’agriculture qui est peu représentée en région de NY. Trouver un emploi aux Etats-Unis n’est pas si simple que ce que l’on peut imaginer (lorsqu’on connaît le taux de chômage notamment) pour des raisons administratives, sectorielles, culturelles…Il vaut mieux cibler les entreprises qui ont une forte présence à l’international.

Vous avez souvent changé de région en fonction des opportunités d’emploi de votre mari. Est-ce que cela a toujours été facile de retrouver un travail ?

Il me faut en général quelques mois pour retrouver un travail. C’est très personnel, mais je devrais plus capitaliser sur mon réseau et mes expériences précédentes. Jusqu’à présent, j’avais envie de varier les missions, ça ne me gênait pas de repartir sur quelque chose de nouveau, et ma priorité a également clairement été la famille.

Je suis mariée à un agro qui n’a pas les deux pieds dans le même sabot ! C’est très positif mais c’est plus compliqué d’avoir un parcours construit pour celui qui accepte de suivre.

Zootechnie – Chargé d’étude – Agriculture – Bénévolat – New-York – USA 

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