Blandine Génix, Senior Vice-President – Digital, Media Assembly

J’ai un attrait pour le digital car il conjugue l’aspect créatif qu’on retrouve en marketing et l’aspect analytique avec les données, les modèles analytiques et de plus en plus l’intelligence artificielle. C’est un métier extraordinaire car il est en perpétuel changement.

Le digital, secteur d’avenir ? Le système américain donne t-il plus d’indépendance dans son travail ? Quelles sont les différences de management entre la culture française et nord-américaine ?

1993-1997

Etudiante, AgroParisTech

 

1997-2001

Product Manager - Tide, Procter & Gamble

 

2001-2002

MBA, INSEAD

 

2014-2015

Expert Consultant, Quattrocento

 

2002- 2006

Brand Manager - Neutrogena and Eviand Affinity, Johnson & Johnson

2006-2007

External Digital Consultant, Isobar

2007

Bénévolat, American INSIGHT

2008-2014

Group Director - Digital, Harmelin Media

2014-2015

Senior Group Director - Digital Media Client Services, Merkle

2015-Aujourd'hui

Senior Vice-President- Digital, Media Assembly

Le métier de vos rêves étant petit ?

Je voulais être nez, dans le secteur du parfum. 

Votre métier actuel en quelques mots ?

Je développe des stratégies et je développe des campagnes digitales pour des clients.

Motivation en se levant le matin ?

 

Travailler avec mes équipes, apprendre tous les jours.

Ce que la formation à AgroParisTech vous a apporté ?

 

Une bonne compréhension des systèmes complexes. C’est moins rigide que les maths et la physique et il y a un côté humain et analytique très précieux.

 

Les enjeux majeurs des futurs agros?

 

Il y a beaucoup d’enjeux en biotechnologie et en intelligence artificielle.

 

Conseil pour les étudiants ?

Work hard, play hard ! Il faut s’amuser et être heureux dans ce qu’on fait.

 

La vie à New-York ?

  Super !

 

Quel parcours avez-vous suivi à l’agro ?

J’ai fait partie de la première promotion d’ingénieur AgroParisTech par apprentissage. J’ai commencé en janvier de la deuxième année chez Unilever, dans les thés. J’ai fait mon apprentissage en analyse sensorielle, un mois au Havre en assurance qualité dans l’usine où se trouvait la production des thés Eléphants et six mois dans leur labo d’analyse sensorielle à Poitiers. Cette expérience  m’a beaucoup appris sur le monde de l’entreprise.

Je souhaitais être nez après mon baccalauréat, j’avais un attrait particulier pour  l’analyse sensorielle. J’avais choisi la spécialité chimie analytique à AgroParisTech pour sa rigueur, et l’affinité avec le monde des parfums et des arômes.

 

Après votre apprentissage chez Unilever vous êtes employée par Procter & Gamble. Quelles étaient alors vos missions ?

 

Je suis rentrée au centre Européen de Procter & Gamble à Bruxelles pour travailler dans le marketing Développement sur le marque Tide dans les pays émergents. P&G est une entreprise qui valorise très bien la compréhension des besoins des consommateurs. Nous travaillions avec les laboratoires pour développer des nouvelles formules et des nouveaux concepts.

J’ai beaucoup travaillé au Maroc et en Egypte. Dans les milieux ruraux, au Maroc, la lessive se faisait encore à la main à cette époque. Les femmes y passaient beaucoup de temps.  La femme était à la maison et s’assurait de la blancheur de la chemise de son mari, d’un point de vue social et familial c’était très important. En Egypte, au contraire, les femmes avaient pour la majorité des machines à cette époque. Dans ces deux pays pourtant très proches la lessive présentait à cette époque un rôle relativement différent et c’était intéressant d’échanger avec ces consommateurs.

J’ai été amenée à réaliser de nombreux tests qualitatifs et quantitatifs. J’ai fait une étude de segmentation des consommateurs sur tous les pays en voie de développement suivi d’un développement de produit avec une formule globale à la fois pour l’Amérique Latine, le Moyen Orient et l’Europe de l’Est.

 

Qu’avez-vous pensé de Procter & Gamble comme première entreprise où travailler ?

P&G est une entreprise avec beaucoup de process, très structurée dans son approche des projets. Cela a été une expérience très formatrice, c’est une très bonne école de marketing.

Après 4 ans chez Procter & Gamble vous décidez de faire un MBA à l’INSEAD. Qu’est-ce que cette formation complémentaire vous a apporté ?

Le MBA a été l’occasion d’acquérir une approche plus business. L’INSEAD a été une source de savoir tant au niveau business que sur le comportement organisationnel et avec une vraie dimension internationale.

Après votre MBA à l’INSEAD, vous êtes recrutée par Johnson & Johnson pour un poste en marketing opérationnel. Pouvez-vous nous donner des exemples de projets sur lesquels vous avez travaillé ?

En travaillant pour P&G, je me situais du côté marketing développement, chez Johnson & Johnson, je souhaitais apprendre le marketing opérationnel. J’étais responsable du de la stratégie de la marque, du budget marketing, du référencement des produits en enseigne, du suivi des ventes, et du plan média. Je travaillais dans le secteur des cosmétiques notamment sur Affinity à base d’Evian qui était un joint-venture avec Danone. Neutrogena a été aussi un de mes clients. Notre objectif était d’étendre la distribution de Neutrogena en grande surface or jusqu’à présent les produits n’étaient vendu qu’en pharmacie. Nous avons créé une nouvelle gamme de produits non référencés en pharmacie pour ce lancement afin de ne pas cannibaliser les ventes en pharmacie.

Avez-vous eu un changement de qualité dans les produits  Neutrogena en étendant la distribution en grande surface ?

Nous avons changé le type de produit mais pas la qualité. En pharmacie, on peut retrouver les produits thérapeutiques comme les crèmes pour les mains, les crèmes pour les pieds. En grande surface les ventes se font plutôt sur les soins pour le visage.

Les produits lavant pour le visage représentent historiquement l’identité de Neutrogena aux Etats-Unis. Lorsque Neutrogena s’est lancé aux Etats-Unis c’était uniquement des produits pour les jeunes, nettoyants pour le visage, exfoliants… tandis qu’en Europe ils avaient axé leur développement sur la branche thérapeutique.

 

Quelles sont les grandes différences entre Procter & Gamble et Johnson & Johnson ?

P&G et Johnson & Johnson ont une culture très différente bien que cela soit deux entreprises américaines et internationales. Johnson & Johnson est beaucoup plus décentralisé. Ils grandissent en achetant des entreprises mais ils les laissent évoluer de façon relativement indépendantes. C’est une entreprise qui met l’accent sur la créativité, les process sont moins standardisés.

En 2006, en plein essor du digital vous quittez Johnson & Johnson pour travailler dans une agence média. Quelles sont les raisons de ce choix ?

 

En 2006, le digital était en train de modifier le marketing et les media, cependant Johnson & Johnson appliquait un modèle très unilatéral et concentrait ses actions uniquement sur la télévision.

A cette époque, mon mari venait d’être muté aux Etats-Unis. Avant de partir pour Philadelphie, j’ai travaillé 6 mois dans une agence de communication, Carat. Cette expérience m’a permis d’enrichir mes connaissances dans le digital, je les ai aidé à développer le business plan d’un nouveau service.

 

Arrivée à Philadelphie vous décidez de poursuivre dans le monde du digital. Quel était votre rôle chez Harmelin Media ?

 

En arrivant aux Etats-Unis, avant de commencer à travailler, je me suis engagée dans le volontariat puis je suis entrée dans une agence média, une entreprise familiale de 120-130 employés. Ce qui m’a entre autres permis de rentrer dans l’agence est un projet d’assurance qualité que j’avais fait chez Johnson & Johnson: Six Sigma. Je les ai aidés à formaliser leurs process puis j’ai développé leur service digital. J’ai commencé par leur service analytics, les recherche paid search Google et le programmatique. Depuis les années 2006-2007, le programmatique est une nouvelle manière d’acheter les bannières sur les sites.

Quelle a été votre expérience en passant les entretiens aux Etats-Unis ?

La culture française et la culture nord-américaine sont des cultures avec certaines différences. On ne se présente pas aux employeurs de la même manière. On ne manage pas les équipes de la même manière.

Au moment du renouvellement de votre visa, vous souhaitez rester aux Etats-Unis et déménager à New-York. Quelles sont les raisons de ce choix ?

Nos enfants grandissaient. Le Lycée Français de New York est exceptionnel et nous voulions que nos enfants aient la chance d’y passer quelques années et nous avions envie de mieux connaître New York.

Une des raisons pour laquelle nous sommes restés aux Etats Unis est la flexibilité au travail. Ce fut très appréciable pour moi de pouvoir rentrer tôt à la maison pour m’occuper de mes enfants tout en pouvant retravailler de la maison ensuite. Aux Etats-Unis, la charge de travail est importante mais il y a beaucoup plus de liberté. Avec deux enfants en bas âge mon mari et moi qui travaillions, j’ai beaucoup apprécié cette flexibilité du travail aux Etats-Unis.

 

Aujourd’hui vous travaillez pour Media Assembly. Pouvez-vous nous donner un exemple de projet sur lequel vous travaillez ?

En ce moment, je travaille avec E*Trade. Ce sont des brokers d’investissements en ligne. Je travaille sur leur problématique données et leur stratégie digitale. Par exemple, nous avons développé une Data Management Plateform (DMP), c’est un outil technologique qui permet de connecter les différentes données pour mieux les utiliser et les analyser. Toutes les données CRM et media sont segmentées de façon granulaire et précises pour mieux connaitre nos consommateurs et mettre en place des campagnes qui sont beaucoup plus ciblées. Tout est anonyme mais nous pouvons analyser le profil des personnes et créer des modèles d’audience.

Quel est votre rôle au sein de Media Assembly ?

Je suis en charge de la stratégie digitale de mes clients.

Qu’est-ce qui vous plaît dans le digital ?

J’ai un attrait pour le digital car il conjugue l’aspect créatif qu’on retrouve en marketing et l’aspect analytique avec les données, les modèles analytiques et de plus en plus l’intelligence artificielle. C’est un métier extraordinaire car il est en perpétuel changement. En agence, nous sommes amenés à travailler avec plusieurs clients ce qui nous permet d’aborder différentes problématiques, et différents modes de fonctionnement de nos clients, c’est un métier très intéressant.

Quelles sont les différences de management entre la France et les Etats-Unis ?

Le management est très positif. Chez Johnson & Johnson  et P&G j’étais managée essentiellement par des européens donc c’est une expérience différente de celle que j’ai pu avoir aux Etats-Unis. Il y a un ajustement pour comprendre les différences culturelles, l’approche de management. Les  français sont parfois plus réticents à entreprendre de nouveaux projets, ils vont commencer par mettre en avant les blocages éventuels des projets mais lorsqu’ils seront convaincus ils délivreront le projet alors que les américains sont souvent très positif, très enthousiastes mais peut-être moins persévérants et analytiques dans leur approche.  

Vous rentrez à Paris cet été. Que pouvez vous nous dire de votre expérience New-Yorkaise ?

New-York est une très belle ville, très internationale, très attachante avec une richesse culturelle incroyable. On rencontre des personnes avec des profils et des parcours passionnants. Il y a beaucoup de mixité sociale et culturelle et une énergie communicative. Tout le monde cohabite de façon relativement harmonieuse, avec des niveaux sociaux différents et beaucoup de respect, je trouve. Mais ce n’est pas une ville représentative de tous les Etats-Unis.

Digital – Media – New-York  - MBA - Apprentissage

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