Chloé Bordet, Attachée scientifique adjointe au Consulat général de France à Chicago

Le conseil que je donnerais à tout le monde est de ne pas manquer une occasion de faire un VI si le sujet et l’entreprise plaisent.

Que faire après la spé DEVE ? Quelles sont les missions dans un consulat français ? Comment s’y prendre pour faire un VIA ou VIE ?

2009-2013

Student, AgroParisTech, Spécialité Développement Agricole

 

2013-2014

Student, Institut d’Etudes Politiques de Strasbourg, Master 2 Politiques Européennes, Spécialité « Politiques européennes et affaires publiques »

 

2014-2015

Chargée d’études économiques, FNSEA

 

2015-Aujourd’hui

Attachée scientifique adjointe chez Consulat général de France à Chicago

Le métier de tes rêves quand tu étais petite ?

Cela changeait tous les 6 mois…

 

Ton métier actuel en quelques mots ?

Je dois rester attentive à ce qui se fait en matière d’innovation et de technologie sur les sujets agricoles aux Etats-Unis et essayer de promouvoir la science et les institutions de recherche françaises en renforçant les partenariats entre la France et les Etats-Unis sur ces sujets là.

 

Ce qui te donne envie de te lever le matin ?

Mon métier et la vue de mon bureau.

 

Qu’est-ce que la formation à AgroParisTech t’a apporté dans tes diverses expériences ?

On est diplômé avec une boîte à outils nous permettant de faire plein de choses différentes et on est armé et sensibilisé aux grands enjeux de la société.

 

Quels sont les enjeux majeurs des futurs Agro selon toi ?

De part la formation que nous avons reçu, nous sommes les ambassadeurs des enjeux de développement durable. Nous avons pour rôle de porter haut l’étendard de l’environnement.

 

Un conseil pour les étudiants ?

Si on a les moyens et l’envie, faire une formation complémentaire car c’est une ouverture et un vrai plus pour l’embauche.

 

En un mot la vie à Chicago ?

C’est une grande ville auxquels les français ne pensent pas assez, c’est une ville riche et complète !

Tu rentres à l’agro en 2009, peux-tu nous parler de ta césure et de la spécialisation DEVE ?

 

Durant la 1ère partie de ma césure, je travaillais à l’ambassade de France à Washington au service agricole, sur le suivi des politiques agricole et commerciale américaines. J’ai passé la 2ème partie à Madagascar et j’étais sur un projet d’implantation de micro-jardins dans les bidonvilles à Antananarivo. C’était 2 stages très différents mais très formateurs et complémentaires. J’avais déjà en tête de faire la spé DEVE en 3ème année donc ça me permettait d’avoir à la fois un côté politique et un côté agriculture dans les pays en développement. J’ai adoré la spé DEVE, intellectuellement c’était très riche, c’est une des années où j’ai le plus appris. Les cours sont très variés : on fait de l’économie, de la politique, on aborde les questions de développement rural, d’histoire agricole. C’était passionnant ! Le stage de 3ème année (diagnostic agraire d’une région du monde)  est très encadré par les enseignants. On va loin dans l’analyse donc on le valorise facilement ensuite dans notre recherche d’emploi.

 

Après l’agro, j’ai fait une formation à l’Institut d’Etudes Politiques de Strasbourg, qui m’a permis d’avoir une connaissance plus fine des institutions européennes et une voie d‘accès pour travailler dans le milieu européen.

 

Quel stage as-tu fait à l’issue de cette formation complémentaire en politique ?

 

J’ai fait mon stage à la représentation de la région PACA à Bruxelles notamment sur les questions agricoles. Je suivais les nouveautés au niveau des politiques agricoles,  des politiques régionales et des politiques d’innovation. On portait les positions de la région PACA auprès de Bruxelles. J’y suis restée pendant 6 mois, c’était formateur.

 

Après ce stage, j’ai cherché du travail à Paris, j’ai trouvé assez rapidement à la FNSEA. J’étais chargée d’études économiques, le but de ce poste était d’avoir une vision plus prospective et plus à long terme que le strict suivi des dossiers législatifs. Je m’occupais du suivi des sujets économiques, de la politique commerciale internationale (négociations des traités de libre échange), des questions d’innovation. Toutes ces missions s’articulaient autour d’une commission d’élus de la FNSEA qui réfléchissait sur ces sujets afin d’envisager au mieux l’avenir.

 

Quelles étaient plus précisément tes missions à la FNSEA ?

 

Mon rôle était principalement de rester attentive à ce qu’il se passait dehors, de lire les rapports faits par différentes institutions, organisations internationales, etc., et d’en rendre compte aux élus. L’activité de veille occupait une part importante de mon temps. Je me considère comme chanceuse que cette activité de veille ait fait partie intégrante de mes missions. Tout le monde n’en a pas forcément le temps. J’ai travaillé à la FNSEA pendant un peu plus d’un an.

 

Pourquoi as-tu décidé de partir aux Etats-Unis après ce 1er emploi à la FNSEA ?

 

J’avais très envie de revenir aux Etats-Unis après mon stage de césure. Je surveillais les offres de VIA et j’ai eu cette opportunité. Je travaille au service scientifique de l’Ambassade de France aux Etats-Unis, basé au consulat général à Chicago. Le Service pour la science et la technologie est composé d’une vingtaine de personnes réparties sur l’ensemble du territoire. On travaille toujours par deux : un attaché scientifique et un attaché scientifique adjoint basé dans plusieurs consulats aux Etats-Unis. Il y a donc une répartition géographique mais aussi une répartion thématique, liée aux spécificités de chaque région. Ici, dans le Midwest les thèmes emblématiques sont l’agriculture et l’alimentation.

 

Quelles sont tes activités principales au consulat de France ?

 

Concrètement, on effectue une activité de veille importante sur les sujets rattachés à la thématique principale. Je m’occupe plus précisément des thématiques agri, food et technologies vertes. On fait des brèves électroniques à destination du grand public et nous répondons aux demandes que nous pouvons recevoir sur ces différents sujets. Cela représente environ 50 % de mon temps. L’autre partie de mon travail concerne la promotion de la science en France et la promotion de partenariats entre les institutions françaises et américaines. Le but est de renforcer les échanges, de faire connaître la France aux américains et vice-versa.

 

J’effectue la veille en anglais et le reporting en français. En effet, on a pour vocation de transmettre les informations à un public français.

 

Est ce que tu peux nous donner un exemple d’un sujet qui t’as marqué dernièrement ?

 

Outre les nouvelles techniques d’édition du génome qui est un des sujets phare parce qu’il y a des implications politiques importantes, le sujet qui m’a le plus surpris est l’agriculture cellulaire. L’objectif est de reconstituer un tissu à partir de cellules. Il s’agit par exemple de reconstituer de la viande ou autre produit animal en laboratoire à partir de cellules directement prélevées sur l’animal pour reconstituer un morceau de viande, de cuir, du blanc d’œufs, etc. et ce sans voir recours à  l’élevage. Les coûts de production sont énormes, quelques centaines de milliers de dollars donc la commercialisation est encore loin. Je pense que si c’est commercialisé un jour, cela ne se substituera pas à l’élevage. En effet, il y a aussi des questions éthiques qui entrent en jeu.

 

En ce qui concerne les technologies vertes dans le Midwest, la recherche est très dynamique pour les biocarburants. De grands laboratoires de recherche sont très présents sur ces questions. La recherche porte notamment sur de nouveaux intrants à partir desquels produire des biocarburants.

 

Quel genre de programme mettez-vous en place pour favoriser les partenariats entre la France et les Etats-Unis ?

 

Le Service pour la Science et la Technologie coordone divers types de programmes qui s’adressent à différents profils : étudiants, postdocs, chercheurs senior, entrepreneurs, etc. Il y a, par exemple, le programme YEi Start in France, sur lequel je travaille plus particulièrement, qui permet à des start-up américaines, avec un fort potentiel technologique et de recherche, et voulant s’installer en France ou créer des partenariats, de bénéficier d’une semaine d’immersion en France. On les aide à trouver des partenaires au sein de l’industrie ou des instituts de recherche. C’est la 1ère fois que je baigne dans le milieu de l’innovation. c’est un mode de fonctionnement nouveau. J’apprends beaucoup à travers ce programme.

 

Est ce que tu interagis régulièrement avec les équipes des ambassades des autres villes américaines ?

 

Oui tout à fait, nous sommes particulièrement en contact avec celle de Washington. La conseillère du service pour la science est basée là-bas, ainsi que l’équipe de soutien administratif, financier et de communication.  Pour le programme YEi, nous travaillons de manière très étroite avec les équipes de Boston, qui coordonnent ce programme, mais aussi de Houston, de Washington et de San Francisco. C’est à la fois un vrai challenge car c’est difficile de travailler avec des équipes qu’on ne voit pas régulièrement mais c’est aussi très enrichissant de voir le mode de fonctionnement de chaque écosystème des Etats-Unis.

 

Est ce que tu as remarqué des différences de management entre la France et les Etats-Unis ?

 

Non pas du tout, les modes de fonctionnement et de management sont très français car c’est une organisation française. Les horaires sont également les mêmes qu’en France.

 

Peux-tu nous en dire un peu plus sur les VIA ?

 

Un VIA est l’équivalent d’un VIE mais en administration. C’est un contrat particulier à l’étranger pour les moins de 28 ans avec un certaine nombre d’avantages. Actuellement, j’ai un contrat d’un an, renouvelable un an. C’est une occasion de partir facilement à l’étranger et dans de très bonnes conditions. Concernant la rémunération, je touche une indemnité dont une part est fixe et dont l’autre part varie en fonction du lieu (coût de la vie sur place, éloignement). Nous ne sommes pas imposables et on ne paie pas de cotisation sur cette rémunération non plus. On est très bien pris en charge par le ministère des Affaires étrangères pour tout ce qui est couverture de santé et on a plusieurs semaines de congés, bien plus que dans la plupart des entreprises américaines. J’ai trouvé mon VI sur la plateforme CiviWeb, où toutes les offres sont postées. Il faut le consulter régulièrement si on est intéressé.

Le conseil que je donnerais à tout le monde est de ne pas manquer une occasion de faire un VI si le sujet et l’entreprise plaisent.

 

Que penses-tu faire après ton VI ?

 

J’aimerais bien continuer à travailler sur les aspects agricoles mais je pense que c’est trop tôt pour savoir ce que je veux faire après. Il y a plusieurs possibilités tant sur les différentes postes envisageables, que sur le fait derentrer en France ou de rester.

 

Et la vie à Chicago ?

 

La vie est belle à Chicago. La ville est assez jeune, c’est dynamique et très riche culturellement.

Institution – Administration – Veille – Agriculture – VIA – Chicago – USA

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