Dannis Fafard, Product Manager, Medtronic 

Il y a eu ma vie avant l'agro et ma vie après.

Un snack innovant en agro-alimentaire ? Une expèrience de 4 ans en Afrique pour fabriquer des prothèses auditives à pile solaire ? Du marketing pharmaceutique ?

1986-1990
Student, McGill University, B.Sc., Food Science 

1990 - 1992

Student, UQAM (Université du Québec à Montréal) M.Sc., Chemistry

 

1992-1994

Student, AgroParisTech D.A.A. Microbiologie et Génétique

 

1994-1996

Marketing Manager, Auram Biotechnologies

 

1996-1999

Associate Director, Business Development, Cato Research

 

1999-2006

Founder, Godisa Technologies Trust (South Africa)

2006-2008

Marketing and Sales Consultant, Cirion Clinical Trials Services

2009-2010

MBS, Dundalk Institute of Technology, Marketing, Honours

2011-2014

Clinical Product Manager, Esbe Scientific (Toronto)

2014-Aujourd'hui

Product Manager, Patient Monitoring and Recovery, Medtronic

Quelle formation avez-vous suivi à l’agro ?

 

J’ai fait mes premières années d’études à Québec puis je suis parti à Paris pour faire un doctorat, je suis donc arrivé directement en 3ème année du cycle ingénieur (microbiologie et génétique des micro-organismes).

 

Après avoir eu mon diplôme d’ingénieur agro, j’ai tout fait pour rester en France mais pour répondre aux offres d’emploi il fallait avoir un permis de travail que je n’avais pas. Petite anecdote : quand je suis revenu au Québec, il a fallu que je me force pour reparler québécois parce qu’en 1 an j’avais pris l’accent parisien !

 

Qu’est ce qui vous a motivé pour venir étudier en France ?

 

J’ai vraiment compris ce que je voulais faire il y a 5 ou 6 ans. Lorsque j’étais étudiant, je n’en avais aucune idée, j’ai choisi l’agroalimentaire parce que j’aime manger. Mais une fois ma licence en poche, je me suis retrouvé dans un labo à mélanger du chocolat et ça ne me plaisait pas. Comme je ne savais toujours pas ce que je voulais faire, il me semblait plus simple et plus sûre de faire le plus de sciences possible. J’ai fait une maîtrise en chimie organique en me disant que ça pourrait m’ouvrir des portes mais je n’ai pas trouvé ça passionnant. J’ai donc continué en faisant un doctorat en microbiologie à l’université de Laval à Québec sur le traitement tertiaire des eaux usées avec des micro-algues. J’ai fait ce doctorat principalement parce que je ne savais pas exactement ce qui m’intéressait comme carrière et qu’au moins je continuais à avancer puis j’ai eu une bourse pour partir en France. Au début, je ne voulais pas spécialement, je ne voyais pas l’intérêt de voyager, je me disais que j’étais bien au Canada. Et puis finalement je me suis décidé à partir. Ça a été une très belle expérience, le monde s’est ouvert à moi. Il y a eu ma vie avant l’agro et ma vie après l’agro. L’agro a été l’événement déclencheur qui m’a motivé à voir d’autre chose, à continuer à découvrir et à m’ouvrir de nouveaux horizons.

 

N’ayant pas de permis de travail en France, vous retournez au Québec. Quel est votre parcours là bas ?

 

Une fois rentré au Québec, j’ai monté une boîte d’agro-alimentaire avec d’anciens étudiants de McGill. On a inventé un snack à base de pomme : c’était des tranches de pommes dont on avait fait exploser les cellules sous vide, elles étaient alors comme gélifiées puis on trempait les tranches de pomme dans un jus de fruit frais. Le jus de fruit se déplaçait dans la pomme et on faisait sécher les tranches de pomme. On obtenait une tranche de pomme avec le goût du jus de fruit frais qu’on avait choisi (cerise par exemple). Nous avons breveté ce procédé et nous avons essayé de le vendre à Kraft, le produit plaisait aux gens mais il était trop cher. Après 1 an on a donc du arrêter et fermer la boîte. Ça a été ma dernière expérience en agro-alimentaire.  

 

Ensuite, j’ai trouvé un poste en marketing pharmaceutique dans une boîte qui fait de la consultation pour monter des études cliniques. Avant de commercialiser un médicament, il faut démontrer son innocuité à petite et grande échelle et il faut ensuite démontrer son efficacité : ce sont les études cliniques. C’est en général très cher et l’objectif est donc de trouver un protocole qui soit assez robuste pour démontrer l’innocuité et l’efficacité mais pas trop robuste non plus pour ne pas que ça coûte trop cher. Le rôle des consultants est de trouver le juste milieu pour obtenir l’homologation à un prix « raisonnable ».

 

Je suis ensuite parti au Botswana pendant 4 ans où j’ai mis sur pied une manufacture de prothèses auditives à pile solaire. Mes parents sont sourds donc j’ai voulu faire quelque chose en lien avec la communauté des malentendants parmi laquelle j’ai grandi. Je travaillais pas mal avec des malentendants sur place, l’avantage est que le langage des sourds est compatible à 80% pour toutes les langues sauf en Angleterre. Mon rôle était de trouver des financements, on a obtenu 500 000$  du congrès américain et 300 000€ de Bruxelles. Nous avons vendu 10 000 prothèses dans une trentaine de pays. Mais la technologie utilisée était analogue et lorsqu’il y a eu la transition analogue-numérique le produit a disparu petit à petit. 

 

Comment avez-vous vécu le changement en arrivant en Afrique à l’occasion de votre projet au Botswana ?

 

Je dormais entre 12 et 14h par jour les 6 premiers mois après mon arrivée au Botswana et j’étais toujours fatigué. Je me suis demandé si je ne m’étais pas fait piqué par un moustique ! En fait, c’était tout le stress accumulé de vivre en occident, je pense que j’avais 6 mois de sommeil en retard. Un jour je me suis réveillé et j’ai senti que j’étais totalement reposé. On ne se rend pas compte en Europe, la population est très dense, on décroche pas vraiment du boulot. Quand je suis revenu à Montréal, je paniquais avec le bruit des voitures, le trafic, j’ai vraiment senti une énorme différence entre les deux.

 

De retour au Québec après l’Afrique, je suis retourné dans le secteur pharmaceutique en vente. Mon expérience africaine n’a pas du tout été valorisée dans ce secteur. Mettre sur pied un projet, un réseau de distribution, trouver les financements, ça n’a pas du tout été valorisé. Je suis donc revenu à ce que je faisais avant : la vente, et je suis parti en Alberta rejoindre mon amie. 2 ans plus tard, je l’ai suivie en Irlande où j’ai fait un MBA sur les médias sociaux en lien avec la pharma.

Ça m’a permis ensuite de revenir faire du marketing au Canada. Je me retrouve beaucoup plus dans le marketing où il n’y a pas des objectifs de vente à court terme.

J’ai trouvé un boulot à Toronto mais je n’avais pas du tout envie d’y aller au début et finalement ça s’est super bien passé. Enfin, j’ai trouvé mon job actuel à Montréal.

 

Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur vos missions actuelles ?

 

Actuellement je travaille pour Medtronic, l’entreprise fabrique du matériel pour les hôpitaux (pompes à insuline, pacemakers). Je suis assez chanceux car je suis responsable du matériel relatif à la nutrition en entérologie. L’entreprise a 3 canaux de distribution : milieu hospitalier, les centres hospitaliers de soins de longue durée pour les personnes âgées et les patients à domicile. Au Canada la santé est gérée par les provinces, avec chacune leurs particularités propres. Comme il y a 10 provinces, il faut développer des stratégies marketing uniques pour chaque province.

 

Est ce que vous vous voyez rester à Montréal ?

 

Ça dépend de l’évolution de ma vie personnelle. Si je suis célibataire, je pense repartir pour acquérir de nouvelles expériences même si s’installer et créer une vie de famille c’est aussi une expérience en soi donc on verra.

 

Comment décrieriez-vous la vie à Montréal ?

 

Il y a un bel équilibre à Montréal. D’un point de vue culturel (cinéma, musique, art visuel), la créativité québécoise, c’est extraordinaire. A partir de juin, il y a le festival de jazz, le festival Juste pour rire, la formule 1 etc. C’est également une ville où il y a très peu de crime, c’est très sécurisé. Les gens sont ouverts, c’est une ville où il fait bon vivre. Il y a 5000 restaurants à Montréal et d’un point de vue culinaire, c’est vraiment bien.

Montréal – Pharmaceutique – Marketing – Vente - Expérience Humanitaire - Canada

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