DELPHINE PERNOT, CSR Manager, Bio by Deloitte

Comment les entreprises gèrent-elles la question de l’environnement et ses contraintes ?

Choisir une spécialisation sur le fonctionnement des entreprises et l'environnement ? Suivre un master spécialisé en ingénierie et gestion de l'environnement  à l'ISIGE ? Travailler chez Airparif, association de surveillance de la protection de l'air ? Intégrer Deloitte et devenir consultant en environnement et RSE ? Le télétravail depuis la Suisse ? Eco-contribution et éco-organisme ?

2004 - 2008
Student, INA P-G (2004)

 

Juin 2006 - Décembre 2006

Internship, Riddet Center, Massey University

Janvier 2007 - Juillet 2007

Recherche en agronomie, CIRAD​

Mars 2008 - Septembre 2008

Conseil en organisation, Eurogroup

2009 - 2010

Ingénieur Communication et gestion de projet internationaux, Airparif

2010 - Aujourd'hui

Consultant Environnement et RSE, Bio by Deloitte

2015 - Aujourd'hui

CSR Manager, Bio by Deloitte, Sustainability Services

Le métier de vos rêves étant petit ? 

Je n'ai jamais eu de métiers spécifique en tête, j'ai toujours été curieuse de plein de chose...Je ne savais pas à l'époque que ça s'appelait être consultant !

En un mot la vie à Berne ?

C'est faire sa pause déjeuner en se baignant dans l'Aare (la rivière qui traverse la ville)

Un conseil pour les étudiants ?

Voyagez, expérimentez !

Approcher le monde de la recherche en césure… Quels étaient vos objectifs et quelles ont été vos conclusions ?

 

J’ai intégré l’agro en 2004 et après ma deuxième année je suis partie en césure : 6 mois à la Réunion et 6 mois en Nouvelle Zélande. C’était très chouette !

 

En Nouvelle Zélande, j’étais basée à la Massey University où je faisais de la recherche en nutrition : l’action d’un facteur de croissance présent dans le lait de wallabies sur le développement de certains organes chez l’homme (en particulier le développement de l’intestin).

 

A la Réunion, j’étais au sein des équipes du CIRAD pour de la recherche en agronomie : l’analyse des filières de matière organique à la Réunion. L’objectif était de comprendre pourquoi il n’y avait pas plus d’échanges entre les producteurs de lisier ou de fumier et les exploitations agricoles nécessiteuses.

 

L’objectif de ces deux stages ? Voir si le monde de la recherche pouvait me convenir et apprendre l’anglais ! J’en ai donc conclu que je n’étais pas faite pour la recherche : c’est un environnement de travail très particulier, peu encadré, il y a très peu d’interactions …. Je préfère le travail un peu plus collaboratif, plus en équipe et moins seul.

 

 

Après votre année de césure, vous intégrez la spécialité GIPE en vous tournant vers le côté environnement offert par cette spécialité, comment avez-vous ensuite choisi votre stage de fin d’étude ?

 

A mon retour en France, j’ai choisi de suivre la spécialité GIPE : je voulais découvrir comment fonctionnaient les entreprises et l’aspect gestion de l’innovation m’intéressait. Au sein de cette spécialité j’ai choisi le module environnement : comment les entreprises gèrent-elles la question de l’environnement et ses contraintes ?

 

Pour mon stage de fin d’étude, faute de ne pas avoir trouvé un stage en lien avec l’environnement, j’ai choisi d’aller chez Eurogroup, un cabinet de conseil en organisation. J’y ai réalisé une mission d’analyse du business plan de la filière cognac, un sujet très passionnant ! L’ambiance était très sympa mais la plupart des missions (en dehors de celle que j’avais eue, relativement à part) n’étaient pas des missions qui me parlaient particulièrement, j’ai décidé de partir pour me former au sein de l’ISIGE.

 

 

Compléter vos connaissances agro par un mastère spécialisé en ingénierie et gestion de l’environnement : qu’avez-vous choisi, comment celui-ci s'est-il déroulé ?

 

A l’issue de ce stage, j’ai donc pris la décision de compléter mes compétences avec un master spécialisé en ingénierie et gestion de l’environnement à l’ISIGE, une structure issue d’AgroParisTech, de l’école des Mines et des Ponts et Chaussées. C’était un master vraiment intéressant qui permettait d’entrer en profondeur dans différents sujets et dans lequel il y avait beaucoup de voyages d’études. Le fonctionnement était particulier puisque je devais trouver une entreprise avec laquelle j’allais établir un partenariat : je travaillais pour eux et en contre-parti ils me payaient mes frais d’inscription.

 

J’ai ainsi travaillé chez Airparif, l’association de surveillance de la protection de l’air. Mes missions se concentraient essentiellement autour de la thématique des émissions, j’ai travaillé sur l’enjeu de la combinaison des inventaires d’émission de polluants atmosphériques et d’émissions des gaz à effets de serre. J’ai également réalisé de la gestion de projet pour les partenariats d’Airparif dans le cadre des programmes de recherche européens CITEAIR.

 

 

Vous intégrez très vite le cabinet Deloitte, peut-on dire que c’est le lien environnement – monde de l’entreprise qui vous a particulièrement attiré ?

 

Après un an passé chez Airparif, je suis partie chez Deloitte. J’avais appris beaucoup de choses sur les émissions atmosphériques mais, effectivement, le lien avec les entreprises me manquait ! Au départ, mes missions chez Deloitte portaient principalement sur la vérification de données extra-financières (c.-à-d.  environnementales et sociales) des entreprises. Cela occupait 75% de mon temps, pour le reste, je conduisais des missions sur des sujets vraiment plus spécifiques (par exemple le recyclage des plastiques).

 

 

Vous déménager ensuite en Suisse comment avez-vous pu conserver votre travail ? Que pensez-vous du télétravail ?

 

Pour des raisons familiales, j’ai dû déménager à Bern en Suisse. A cette époque-là, Deloitte venait de racheter Bio Intelligence Service, un ancien cabinet de conseil en environnement, spécialiste des ACV qui fonctionnait beaucoup en télétravail. J’ai donc pu profiter de leur expérience en la matière, Deloitte m’a donc proposé de conserver mon poste, mais de faire du télétravail depuis la Suisse. Cela a été une occasion également de faire évoluer mes missions, et je me suis spécialisée dans la thématique de l’économie circulaire, sujet passionnant, plein de challenge pour les entreprises.

 

Même si le télétravail a été une réelle opportunité, il faut avouer que cela représente aussi de forte contrainte, avec des déplacements réguliers à Paris, et la discipline qu’il faut s’imposer pour se motiver à travailler seul. Le plus difficile a été de me passer de la présence humaine de mes collègues, moi qui suis très sociable !

 

 

Aujourd’hui manager en environnement, quelles sont vos missions ?

 

Je continue à travailler sur l’aspect vérification extra-financière mais j’ai évolué vers de nouveaux sujets : actuellement je travaille sur éco-organismes et responsabilité élargie au producteur.

 

Je réalise également des études pour l’ADEME ou le Ministère de l’environnement sur des sujets en lien avec l’économie circulaire, sur tous les enjeux de recyclage.  L’ADEME est une structure publique qui est là pour orienter les acteurs vers des pratiques plus environnementales. Ils nous mandatent pour avoir une vue d’ensemble de ce que font les autres pays européens en terme d’application des réglementations avec l’objectif d’améliorer ce qui est fait en France actuellement.

 

Vous nous parler d’éco-organisme, pouvez-vous nous en dire plus sur ce sujet ?

 

Le concept responsabilité élargie au producteur, est-ce que vous connaissez ? Par exemple, prenons le cas des producteurs d’emballages alimentaires, ils ont l’obligation de gérer la fin de vie de leurs produits, après leur utilisation par les consommateurs, c’est-à-dire de les collecter en vue du recyclage ou de leur traitement. Ils ne font pas cela individuellement car cela demanderait une organisation trop importante, chaque foyer produisant des déchets d’emballage. En France notamment, les producteurs d’emballages font appel à des structures qui leur permettent de mutualiser leurs efforts : les éco-organismes. Cet éco-organisme, financé par les producteurs d’emballages, soutient financièrement les collectivités à collecter les déchets d’emballages et organise le recyclage de ces déchets.

 

Mes missions sont assez variées : aider ces éco-organismes à définir le juste prix (de reprise des matériaux) pour que les filières fonctionnent bien, réaliser des études de marché et des simulations… Je suis donc à cheval entre l’action des pouvoirs publiques et l’activité des entreprises et des filières, c’est pour cela que c’est aussi intéressant !

 

 

En particulier qu’est-ce que l’éco-contribution ?

 

L’éco-contribution, c’est la contribution que paye une entreprise productrice d’emballage à un éco-organisme pour que ce dernier puisse mener les missions décrites précédemment.

Il existe le logo rond avec une double flèche qui signifie qu’une entreprise à l’origine de l’emballage a payé sa contribution à l’éco-organisme.

Les éco-contributions sont calculées de sorte qu’elles traduisent le cout réel de gestion des déchets d’emballage. Ces contributions sont donc modulées par exemple en fonction de la recyclabilité d’un emballage. Par ce moyen, l’éco-organisme tente d’inciter les entreprises à utiliser des emballages qui soient à la fois plus légers (l’éco-conception diminue les emballages) et à la fois plus recyclables.

 

 

Quel serez pour vous un atout d’une entreprise telle que Deloitte ?

 

Ce qui est intéressant dans ce genre d'entreprise c’est que tu peux faire à la fois du conseil et à la fois de l’audit. En revanche, tu ne peux pas exercer les deux fonctions en même temps pour le même client : si tu es l’auditeur d’un client x tu ne peux pas faire du conseil pour lui aussi. Mais rien ne t’empêche de faire du conseil pour le client y ! Les missions sont donc extrêmement diverses.

 

 

Qu’envisagez-vous dans le futur ?

 

Jusqu’à maintenant, je n’ai fait que du conseil donc la question se pose toujours : est-ce que passer du côté industrie serait pertinent ? J’ai traité des sujets très transversaux et travaillé avec des personnes très haut placées, en général, c’est un peu difficile de partir en entreprise après cela…

 

J’ai très envie de continuer à voyager dans des lieux plus exotiques. Même si la Suisse est plus exotique que ce qu’on pense ! (rire). Avoir pour mission de réaliser des audits implique beaucoup de déplacements, on pourrait penser que l’on découvre beaucoup des pays que l’on traverse mais finalement mon expérience me montre que l’on ne s’imprègne que très peu. Donc j’aimerais bien pouvoir continuer à voyager en prenant le temps de découvrir les pays et les cultures !

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