Didier Viala, Sr Vice-President – Global Operations, CP Kelco

Ma 1ère expérience de management m’a permis de comprendre que le manager doit s’adapter à chaque personne

Les étapes de votre évolution au poste de Vice President Global Operations ? Dans quels secteurs est présent CP Kelco ? Concilier votre carrière professionnelle et vie personnelle ?

1986-1999

Student, ENSIA

 

2000

CESA, Business Management, HEC

 

2005-2006

Vice President, Business Management, CP Kelco

 

2006-2010

Vice President, Marketing & Innovation, CP Kelco

 

2010-2012

Vice President, Innovation & Capabilities, CP Kelco

 

2012-2015

Vice President, Growth & Innovation, CP Kelco

 

2015-Aujourd’hui

Vice President, Global Operations, CP Kelco

Où avez-vous fait votre stage de fin d’études à la sortie de l’agro ?

 

J’ai fait l’ENSIA en sciences de l’aliment puis j’ai fait mon stage de fin d’études chez Rhône-Poulenc en recherche sur les additifs alimentaire fait par fermentation.

 

Comment s’est enchaînée votre carrière professionnelle ?

 

Après ce stage, je suis parti à l’armée puis j’ai été embauché en technico-commercial support des ventes par Kelco International, filiale de Merck & Co. Je faisais des essais industriels chez les clients et j’assurais l’interface entre les clients et le laboratoire. Ensuite, je suis passé en management des ventes, puis directeur des ventes Europe/Afrique. La société a été rachetée par Monsanto, on a fusionné avec Nutrasweet et Monsanto m’a payé une formation à HEC. J’ai eu différents jobs en business développement, aux grands comptes et au niveau mondial pour NutraSweet. Après cela, je suis passé en Innovation interface client puis en recherche. Ensuite, je suis passé en marketing, j’ai managé une SBO puis toutes les SBO. Je suis devenu Vice-President manager des SBO et de l’Innovation. C’est à ce moment là que je suis venu aux E-U, le comité de direction était à Chicago puis a été deplacé à Atlanta. Pendant cette période on a été revendu de Monsanto à Lehman Brothers pour un « LBO » (Leverage Buy Out), puis à JM Huber, un groupe familial américain. Le fil rouge a toujours été une ligne de produit originelle.

 

Après avoir fait Marketing et Innovation, j’ai repris la fonction Growth. En réponse à une forte croissance, il fallait rationnaliser la technologie et la déployer dans le monde. J’ai fait ça pendant 4 ans, puis il y a 2 ans, j’ai repris la production (achats, supply chain, manufacturing, capital et engineering).

 

Est-ce que la formation que vous avez eu à HEC a été essentielle ?

 

Essentielle je ne sais pas mais elle m’a beaucoup aidé, c’est certain. Nous sommes une entreprise très technique mais notre CEO dit qu’il faut savoir parler le langage de la finance. Les personnes avec la double casquette compréhension technique et compréhension de l’entreprise, ont un grand avantage. Pour nous, il est compliqué d’arriver à un poste de directeur si on a pas une certaine compréhension de la finance.

 

Comment s’est passé votre transition entre la recherche et le poste de tech-support ?

 

Mon 1er job était le job rêvé, je travaillais sur la même ligne de produits que chez Rhône Poulenc. De plus, j’avais fait un stage en technico-commercial chez Nalco donc c’était assez proche.

 

Et le passage de l’innovation à la production et la supply, comment cela s’est-il passé ?

 

C’est assez différent car j’étais dans le comité de direction depuis longtemps donc j’avais une vue sur ce qui se passait dans la société. On était 5 senior Vice-President, l’un d’entre eux est parti donc j’ai pris sa place. La vie est faite d’opportunité.

 

C’est assez atypique de rester dans la même société aussi longtemps, comment l’expliquez-vous ?

 

On a très souvent changé de propriétaire, on est passé de Merck, un groupe très traditionnel, à Monsanto où c’était la folie des sciences. Ensuite nous avons été racheté par Lehman Brothers dans le cadre d’un « LBO » où il n’y a pas de culture d’investissement et enfin par JM Huber, un groupe familial américain. En théorie, j’ai passé 26 ans dans la même boîte, mon contrat a toujours été transféré mais ça n’était pas la même boîte. Il y a eu beaucoup de changements de philosophie, de culture, de stratégie, de lignes de produits.

 

En BtoB c’est aussi très varié car on vend en agroalimentaire, en industrie pharmaceutique, en forage pétrolier. Il y a cet aspect d’une part et j’ai aussi eu l’opportunité de changer de job très souvent. C’est dur mais c’est très intéressant.

 

Dans quel poste avez-vous le plus apprécié travailler ?

 

J’ai beaucoup aimé le 1er, tech-support. C’est très varié, on bouge beaucoup et puis c’est l’enthousiasme du 1er job. Tous mes jobs ont toujours été très intéressants. J’appréhendais un peu avant de commencer en production mais c’est très enrichissant. Il faut avoir une vision à long terme tout en gérant une très forte pression au jour le jour !

 

Comment avez-vous vécu votre expérience de management ?

 

J’ai adoré ma 1ère expérience de management, j’ai eu la chance d’avoir une équipe de personnes très compétentes. J’avais un rôle de support, cette expérience m’a permis de comprendre que le manager doit s’adapter à chaque personne.

 

Est-ce que vous pouvez nous expliquer vos missions actuelles ?

 

Je gère tout le budget d’achat, de production, la sécurité, la conformité au niveau environnemental. Je manage 1200-1300 personnes, nous avons des usines partout dans le monde.

 

Qui managez-vous en tant que VP Global Operations ?

 

Je manage de nombreuses nationalités parmi lesquelles beaucoup d’américains, de brésiliens, d’européens (danois et allemand) et d’asiatiques, principalement chinois. Ils sont soit directeurs techniques, soit directeurs des achats, logistiques, planning, manager de la sécurité soit ils ont des fonctions supports (finance, capital…).

 

Bien que CP Kelco soit une entreprise internationale, est-ce que vous avez dû changer vos méthodes de management en arrivant aux E-U ?

 

Cela n’a pas été le cas. Auparavant, j’avais beaucoup travaillé au Danemark et j’ai toujours été dans une entreprise internationale donc j’ai rapidement eu à manager des personnes à l’étranger. Donc, je n’ai pas changé mes méthodes de management. Par contre travaillé tous les jours dans une entreprise aux E-U c’est très différent du point de vue des codes, des règles de conduite et de la manière dont fonctionne la société. L’ambiance de travail est différente, les bureaux et les codes sont différents. Pourtant j’avais beaucoup voyagé aux E-U mais je ne l’avais jamais perçu avant d’être implanté ici. 

 

Quels sont les secteurs de vente de CP Kelco ?

 

On vend des ingrédients à destination de secteurs très variés : nous sommes présents dans le secteur du forage pétrolier (avec les boues de forage, les agents de rhéologie pour bétonner les puits) celui du papier avec des ingrédients pour assurer la résistance des mouchoirs, sopalins, le secteur des produits détergents (canard WC…), de la cosmétique (dentifrice), de la pharmacie (remplacer la gélatine dans les gélules, suspendre les antibiotiques…). Le secteur le plus important est celui de l’alimentaire (boissons, sauces salades, préparation de fruits, produits laitiers).  On est un peu partout, ça fait partie de la difficulté mais aussi du charme.

 

Cette diversité de secteur a t-elle été acquise au fur et à mesure ?

 

Oui, ce sont trois business différents qui ont été mis ensemble. L’industriel et l’alimentaire ont grandi et se sont séparés au fur et à mesure. L’alimentaire reste notre secteur principal actuellement.

 

Comment l’entreprise est-elle organisée d’un point vue géographique ?

 

On vend dans le monde entier, on a ouvert des bureaux et des laboratoires en Chine, à Singapour, à Dubaï et dans les pays émergents. Nous sommes organisés par région : Japon, Asie-Pacifique, Europe, Moyen-Orient, Afrique et les Amériques. Les  fonctions globales (production, recherche, RH) sont communes à toutes les régions.

 

Est-ce qu’il a été facile de concilier votre carrière avec celle de votre femme, agro également ?

 

Oui et non. Elle bossait chez Unilever quand on était à Paris. J’ai eu une fois une opportunité de partir à Singapour mais j’ai dit non sans même lui demander. Quand j’ai eu la proposition de partir aux E-U, c’est tombé à pic car ma femme commençait à être stressée par son travail et il devenait difficile de coordonner nos déplacements avec les 3 enfants donc on a sauté le pas. On a visité Atlanta et on est tombé sous le charme. Au départ on venait pour 3 ans seulement. Ma femme est venue en congé sabbatique et elle a repris les études. On a ensuite pris la décision de prolonger nos VISA deux fois et de rester.

 

Est-ce que vous vous voyez rester à Atlanta ?

 

Pour le moment oui mais ça dépend des opportunités d’évolution, le monde change très vite. Je pense que votre génération aura des périodes de blanc dû à la vitesse et au dynamisme du monde de travail mais ce n’est pas personnel et il faudra rebondir. Les codes ont beaucoup changé. Pour ma part, je me vois bien rester chez CP Kelco, pour le moment tout va bien mais quand ça commence à aller moins bien, tout va plus vite.

Management – Ingrédients – Chimie – CP Kelco – Atlanta –  USA

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