François Desroches, Business Unit Manager, HYPRED

Si je n’avais pas eu la formation technique que j’ai eu à l’agro je n’aurais pas eu la chance de faire ce que je fais aujourd’hui, en tout cas dans cette société. En un sens ça a été un tremplin d’avoir cette formation scientifique pour, après, accéder à d’autres fonctions.  

Quelles sont les missions d’un business unit manager ? Quels sont les changements majeurs qu’entraînent un changement de poste dans des pays de cultures différentes ? La société HYPRED est-elle une société qui permet d’évoluer rapidement ?

1996-1999

Student, INA PG

 

2001-2003

Marketing Coordinator, A&L Laboratories, Inc (Roullier Group)

 

2004-2006

Application engineer - Food Division (North and Western Europe), HYPRED (Roller Group)

 

2006-2008

Engineering & Development Manager -Food Division, HYPRED USA (Roller Gourp)

 

2008-2011

Sales Manager - Food Division, HYPRED USA (Roullier Group)

 

2011-2014

Technical Director - Food Division, HYPRED USA (Roullier Group)

 

2014-Aujourd’hui

Business Unit Manager, HYPRED

Vers quelle spécialité ton stage de deuxième année à l’agro t’a-t-il orienté ?

Je suis arrivé à Grignon en ayant fait un DEUG sciences de la vie et de la terre. J’ai découvert Grignon et la vie associative, je me suis lancé dans le rugby, il y avait une très bonne ambiance, j’ai de très bons souvenirs des inter agros.

Puis j’ai fait ma deuxième année à Paris, j’ai bien profité de tout ce que l’agro avait à offrir cette année là.

A cette époque j’ai fait partie de la Junior Entreprise en tant que responsable de projet.  Cette expérience a été pour moi un des premiers ponts avec le monde de la vie active.

 

J’ai fait mon stage de deuxième année à la CCPA qui est une union de coopérative en alimentation animale, c’est ce qui m’a donné envie de choisir en troisième année la spécialisation zootechnie. La spécialité zootechnie nous permettait d’avoir une approche filière : nous allions souvent sur le terrain, dans les entreprises et nous avions un corps enseignant très dynamique. J’ai beaucoup apprécié le corps enseignant comme Jean Lossouarn ou Olivier Lapierre. En particulier, Lapierre qui m’a suivi pendant mon stage de 3ème année que j’ai fait dans une coopérative qui s’appelait France Luzerne, dans la Marne. Ce stage m’a vraiment aidé à faire la connexion entre les études et le monde de l’entreprise.

En 3ème année tu fais ton stage à France Luzerne, quelle était ta mission de stage ?

Ma mission était de développer un outil de modélisation pour incorporer la Luzerne dans l’alimentation des vaches laitières. Le stage a été une expérience très enrichissante. Il y avait une partie recherche en modélisation, l’objectif était de mettre en place un outil informatique auquel je devais ajouter des données qualitatives. J’ai fait toute une série d’enquêtes sur le terrain, j’ai visité des fermes laitières un peu partout en France. Il y avait toute une partie étude de marché et prospection qui était très intéressante.

 

Tu choisis de faire ton CNSE au sein du groupe Roullier aux Etats-Unis. En quoi cette expérience a-t-elle aiguillé ta carrière ?

 

Je faisais partie de la dernière génération des personnes qui devaient faire le service militaire. J’avais choisi de faire un CSNE, j’ai cherché dans ce cadre là à l’étranger et au bout de quelques mois j’ai trouvé une opportunité au sein du groupe Roullier. J’ai été envoyé à Minneapolis où le groupe avait une filiale qu’il venait de racheter. J’ai travaillé pendant un an pour cette filiale qui s’appelle Timab, spécialisée dans les matières premières minérales pour la nutrition animale. J’étais en charge de faire une étude de marché avec une partie recherche où je rencontrais notamment des personnes de l’université du Wisconsin et une partie plus terrain où je discutais avec des fabricants de prémix d’aliments pour l’alimentation animale.

C’était très intéressant car je découvrais le monde de l’alimentation animale mais aussi les Etats-Unis avec toutes les parties compliquées que cela comporte. Au début ça été très difficile, dans les deux sens pour se comprendre mais c’est ce qui a aiguillé ma carrière, ça m’a forcé à m’adapter, à repartir de zéro. Je suis arrivé aux Etats-Unis en pensant que je savais parler anglais et il m’a fallu 6 mois pour commencer à être à l’aise en termes de compréhension, de culture et de façon de travailler.

 

A la fin de ton CSNE tu es embauché chez HYPRED, une filiale du groupe Roullier. Pourquoi être resté aux Etats-Unis ? Quel était ton rôle au sein de cette filiale ?

J’ai rencontré ma femme qui est américaine par conséquent j’ai voulu trouver une solution pour rester plus longtemps aux Etats-Unis.

J’ai été embauché par HYPRED, une filiale du groupe Roullier spécialisée dans l’hygiène et la détergence. J’étais en charge de la coordination marketing avec les distributeurs, de la formation des commerciaux sur les nouveaux produits et d’aider à l’importation de nouveaux produits. C’était vraiment du marketing opérationnel, j’aidais à l’animation du réseau de distributeur avec des promotions, de la communication…

HYPRED a été rachetée par le fonds d’investissement Ardian. Peux-tu nous en dire plus sur HYPRED et si le rachat a modifié la stratégie de l’entreprise ?

HYPRED est une société française qui fabrique des désinfectants et des détergents avec deux grandes divisions : une division ferme laitière avec tout ce qui permet de nettoyer les installations de traite et d’autres ingrédients utilisés par les fermes laitières, les additifs pour l’alimentation des vaches, les additifs pour la litière des vaches. L’autre division concerne le nettoyage des équipements utilisés dans les usines agroalimentaires.

HYPRED est une société dynamique qui donne des opportunités aux personnes qui montrent de l’intérêt, qui sont capables d’apporter de la valeur. Nous n’hésitons pas à offrir des opportunités.

HYPRED appartient maintenant au fonds d’investissement Ardian. Ce fonds d’investissement a racheté HYPRED pour accélérer le développement de la société à l’international et pour supporter des opérations de croissance externe. La taille de la société a récemment doublé car HYPRED a racheté une société allemande, de plus il y a des projets importants dans d’autres pays.

Il y a une grosse différence de stratégie car ce fonds d’investissement a pour volonté de faire croître rapidement la société pour qu’elle fournisse plus de valeur.

 

En 2003, tu rentres en France pour être ingénieur application de la division agroalimentaire d’HYPRED. Quel était ton rôle ? As-tu dû changer ta méthode de management ?

J’ai décidé de rentrer en France pour des raisons personnelles et professionnelles, la France me manquait un peu et c’était l’occasion pour ma femme de connaître la France. 

HYPRED m’a proposé un poste d’ingénieur application pour la division agroalimentaire de la France et d’une partie de l’Europe, essentiellement l’Europe du nord.

J’étais basé à Rennes, mon rôle était d’accompagner l’équipe de vente pour des problématiques techniques, des résolutions de problème de nettoyage, de contamination, de sécurité alimentaire.

J’ai acquis sur le terrain et par formation continue les compétences requises pour accompagner les industriels de l’agro-alimentaire dans le domaine de l’hygiène et de la sécurité alimentaire.

 

En revenant en France, j’ai dû me réadapter à la façon de travailler, l’état d’esprit, la culture, il y a plein de choses différentes. Les américains ont l’habitude de voir les choses de façon positive et sans faire de stéréotype, les français ont l’habitude de voir les choses de façon négative. C’est un bon challenge de faire les allers retours entre la France et les Etats-Unis pour se forcer à ne pas s‘encrer dans une routine. Il faut se réadapter à chaque fois, se remettre en question par rapport à la personne qui est en face de nous. Nous devons nous adapter à l’environnement mais aussi aux collègues, aux partenaires, aux clients et au management. Il faut se reconditionner au pays dans lequel on est, aux habitudes des gens et leur façon de travailler.

 

En 2006, HYPRED lance une activité alimentaire aux Etats-Unis, tu es appelé pour développer d’un point de vue technique l’équipe. Comment tes responsabilités ont-elles évolué jusqu’à maintenant ?

 

HYPRED a lancé en 2006 l’activité alimentaire aux Etats-Unis, un poste s’est ouvert pour aider à développer d’un point de vue technique l’équipe pour l’activité agroalimentaire. C’était l’occasion pour moi de retourner aux Etats-Unis ce dont j’avais envie au bout de 2 ans et demi en France. Mon rôle était de monter un programme pour aider l’équipe de vente, former les commerciaux et intervenir en support au directeur général de l’époque. Progressivement, j’ai eu différent rôles et accès à différentes responsabilités, des responsabilités plus commerciales au début puis du business développement.

En 2008, j’ai eu l’opportunité de devenir directeur des ventes, je me suis impliqué sur des aspects plus management. Le management d‘équipe m’a beaucoup plu, avoir la responsabilité de faire grandir des gens professionnellement et d’avoir une vision globale du business sur les aspects technico commerciaux.

Aujourd’hui je suis responsable de la business unit pour HYPRED aux Etats-Unis. C’est un poste avec plusieurs facettes, je suis en charge d’une équipe, je suis en relation avec nos différents partenaires, nos fournisseurs. Nous faisons fabriquer nos produits par une usine ici, aux Etats-Unis. Je suis en charge de la relation avec nos distributeurs et avec nos clients. J’aime cet aspect global de mon travail et ce besoin de s’adapter en permanence, je vais avoir un raisonnement différent si je parle à un fournisseur ou si je parle à un membre de mon équipe.

Nous sommes une équipe de 7 personnes. Je travaille essentiellement avec des américains, il y a un français dans l’équipe mais la plupart des personnes sont basées chez elles, aux Etats-Unis.

 

Qu’est ce que la formation AgroParisTech t’a apporté ? Comment es-tu resté connecté avec le monde scientifique ?

 

J’utilise ma formation de l’agro, mes connaissances scientifiques pour résoudre des problèmes, pour comprendre le fonctionnement des usines mais ce n’est pas le cœur de ma valeur ajoutée. Ma formation à AgroParisTech est le plus qui fait que si je discute avec un directeur industriel dans une usine agroalimentaire, il va comprendre que je comprends son métier. Mon métier actuel est un métier de management, je connecte les différentes filières et départements, je travaille avec les contrôleurs financiers, les ressources humaines, les technico commerciaux sur le terrain. Je me suis éloigné des aspects purement techniques dans le sens où, dans mon équipe, il y a une personne qui a la responsabilité de résoudre les problèmes techniques. J’ai eu plus l’opportunité de travailler sur les relations humaines au sein de l’équipe ou avec les clients et c’est très intéressant. Si je n’avais pas eu la formation technique que j’ai eu à l’agro je n’aurais pas eu la chance de faire ce que je fais aujourd’hui, en tout cas dans cette société. En un sens ça a été un tremplin d’avoir cette formation scientifique pour, après, accéder à d’autres fonctions. 

Je suis resté en contact avec l’université du Wisconsin et le corps enseignant où j’ai fait des formations complémentaires. La formation de l’université du Wisconsin dans le domaine laitier est reconnue au niveau national et international. Aujourd’hui j’ai un module hygiène et détergence, j’aide ce département à former des fromagers par exemple. Je suis resté en contact avec le monde scientifique de cette façon là.

Minneapolis – Management – Business Unit - HYPRED – Etats-Unis 

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