Grégoire Ignasiak, Country Manager USA at DK Energy - EDF Group

A l’agro, on a un très bon esprit analytique, un très bon esprit critique, une capacité à voir les choses dans un ensemble. 

Une expérience professionnelle en Europe de l’Est puis aux E-U ? Quelles sont les forces de l’agro ? Quels conseils donnerais-tu aux étudiants ?

1996-1999

Student, INA-PG

 

2000-2001

Project Manager – Energy Sector Privatization, EDF (Pologne)

 

2001-2003

Team Leader – Infrastructure Finance Consulting, World Business, Inc. (Washington)  

 

2003-2004

Sales Associate – Innovation and New Business Consulting, Alcimed (Paris)

 

2004-2014

Various Management Positions and Board Mandates, Dalkia (Pologne et France)

 

2015-Aujourd’hui

USA Director, Dalkia

Qu’est-ce que tu as apprécié dans ton cursus à l’agro ?

 

J’avais beaucoup apprécié les stages durant le cursus parce que cela permettait de tester des environnements différents. J’ai testé la recherche au CNRS en 2ème année, puis à EDF et au commissariat général de France (intégration des nouveaux pays dans l’U-E). A la fin de ma 3ème année en productions végétales, je n’avais pas de projet professionnel précis par contre j’avais la volonté de voyager.  Plus j’ai avancé dans ma carrière, plus je me suis rendu compte de mes compétences et j’ai affiné mon projet professionnel car j’ai évolué dans des environnements variés.

 

Quelle a été ta 1ère expérience professionnelle après l’école ?

 

J’ai fait une coopération à l’étranger. On m’a proposé de partir travailler dans une ambassade à Bonn ou sur une centrale de cogénération en Pologne. J’ai choisi la centrale de cogénération. Il s’agit d’une centrale qui fournit la chaleur et l’électricité au niveau des villes.

 

Quelles étaient tes missions en Pologne ?

 

Lorsque je suis arrivé en tant que coopérant, EDF venait de racheter une centrale, c’était la 1ère privatisation en Pologne. Quand je suis arrivé, je ne parlais pas polonais, j’ai appris sur place, ça m’a pris 5-6 mois à bien comprendre. J’étais en charge du développement économique local, il fallait que je fasse en sorte que ça se passe bien avec les autorités. Il y avait toute une batterie de projets environnementaux, sociaux à mettre en place. De manière plus large, mes missions en Pologne étaient essentiellement de développer des acquisitions, des projets de modernisation de chauffage urbain. On a introduit les énergies vertes, j’ai fait pas mal de biomasse donc ça me plaisait bien. Aujourd’hui aux E-U, la biomasse n’est pas très bien vue. A ce moment là, ce que l’agro m’a vraiment apporté, ce n’était pas tant les connaissances que la manière d’aborder les problèmes.

 

Pourquoi la biomasse n’a t-elle pas de succès aux E-U ?

 

Il y a 2 éléments culturels qui font que la biomasse ne perce pas aux Etats-Unis : premièrement, ils n’aiment pas l’exploitation, ils préfèrent l’investissement. Par exemple, si quelque chose est cassé, ils ne vont pas essayé de réparer mais ils vont le renouveler. C’est cette mentalité qui fait que les nouveaux gadgets rencontrent beaucoup de succès aux E-U. Pour revenir à l’exploitation et à la biomasse, quand on a une centrale de biomasse, c’est de l’exploitation et du suivi au quotidien : livraison du bois, de la paille, réglage des brûleurs, des chaudières. De plus le bois n’est jamais le même, il y a des variations de qualité et des contrôles réguliers. Quand on a de l’éolien et du solaire, il n’y a pas besoin d’exploitation. Ils ont raison sur un point qui est que parfois la biomasse vient de très loin pour être exploitée et l’empreinte CO2 est finalement très grande.

 

Quelles sont selon toi les forces de l’agro ?

 

A l’agro, on a un très bon esprit analytique, un très bon esprit critique, une capacité à voir les choses dans un ensemble. En Europe de l’Est, j’ai vu beaucoup plus de spécialistes.

 

A partir de ton expérience, quels conseils donnerais-tu aux étudiants ?

 

J’ai trouvé très utile d’avoir des mentors de la génération d’avant pour rester en avance et mieux comprendre les choses.  Si vous avez 2-3 personnes que vous pouvez consulter tous les ans, à qui vous pouvez parler de votre projet, cela vous aidera énormément à le construire. Dans mon cas, j’ai eu deux maîtres de stage qui m’ont beaucoup accompagné et aidé.

 

Ensuite, les premières années d’expériences professionnelles sont assez dures. Je conseillerais de commencer par faire quelque chose de concret avant d’aller vers quelque chose de complétement fonctionnel. Je trouve que c’est bien d’avoir accompli quelque chose, si vous passez vos 20 premières années en direction marketing, au bout de 20 ans tout le monde est pareil, il n’y a plus de valeur ajoutée. C’est important de développer quelque chose à soi, de se différencier.

 

Il est également important d’apprendre à se connaître. Il faut se demander si on est plutôt introverti ou extraverti, si on préfère commencer ou finir un projet. Chacun a des qualités naturelles qu’il faut explorer. Pour ma part, c’est en travaillant avec des personnes différentes que je me suis rendu compte de mes forces et de mes faiblesses.

 

Est-ce que tu aimes la partie management de ton métier ?

 

Oui je trouve ça vraiment sympa ! Au début je ne croyais pas à la phrase « Faire grandir son équipe » mais maintenant j’ai compris son sens et j’aime l’appliquer et aller chercher le potentiel chez mes collaborateurs. On voit vraiment l’impact sur les gens ! Dernièrement, j’ai aidé un de mes collaborateurs et je lui ai permis de s’ouvrir à de nouvelles opportunités auxquelles il n’aurait pas pensé tout seul, c’est très gratifiant. Je suis très fier même si c’est leur mérite avant tout.

 

Globalement, je suis fier de ce que je fais au travail, je sens que j’ai de l’impact avec le côté énergie, infrastructures et environnement.

 

Est-ce que tu te vois rester dans le secteur de l’énergie ?

 

J’aime beaucoup ce que je fais mais récemment je me suis ouvert à d’autres secteurs  comme la cosmétique. J’y trouve un sens aussi : aider les personnes à prendre soin d’elle, à se sentir belle et bien.

 

Que t'as apporté ton expérience aux E-U ?

 

Les E-U ont été une très bonne expérience, si vous êtes intéressés je vous la conseille. Un des gros point fort est la vente, les américains ont une aisance à l’oral. Les français ont l’impression de connaître les E-U mais on est à mille lieux culturellement. Dès l’école primaire les enfants apprennent beaucoup moins de choses que nous en histoire, en maths mais par contre ils apprennent beaucoup sur le plan du développement personnel. L’enfant est au milieu de la classe, il a un objet dans les mains et il doit le décrire à toute la classe pendant 10 min. En France, les enfants sont plus derrière le bureau à ne pas parler. Le rapport à l’autorité est également différent. La hiérarchie n’est pas du tout ressentie de la même manière qu’en France, elle est moins présente ici.

 

Aux E-U, il y a également une soif de l’argent très profonde contrebalancée par une éthique, une morale et une religion forte. Je suis très fier d’être français et je prévois de retourner en France un jour.

IFC – Agribusiness Spécialiste -  Washington – Investissement – Développement durable

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