JEAN-MICHEL LEQUIN, Operations Business Project Director, Danone Nutricia

Cela va bientôt faire 20 ans que je travaille chez Danone. J’ai toujours aimé progresser dans cette entreprise, c’est une entreprise assez entrepreneuriale, et nous avons beaucoup de libertés.

Attiré par l'agroalimentaire et l'industrie, choisir d'intégrer l'ENSIA ? Compléter sa formation d'agro avec une école de commerce ? Intégrer le groupe Danone par un poste en R&D ? Evoluer en interne et commencer à travailler sur du suivi de projet et de la mise en place de process ? Le secteur de la nutrition infantile ? Directeur du projet à l'origine du plus gros investissement de Danone depuis sa création ?

1992 - 1995
Student, ENSIA Massy (92)

 

1996 - 1998

Sales and Design Engineer, Rhoda Chemicals UK​

1998 - 2000

Research and Development Engineer, Danone​ (Dairy Division)

2000 - 2002

Engineer Manager, Danone Vitapole​ (Research & Development Center)

2002 - 2003

Engineer Manager, Lu France (Danone Group Biscuits Division)

2004 - 2007

Manufacturing Manager, Bleeding (Danone Group Baby Food Division)

2007 - 2010

Engineer & Manufacturing Project Manager, Danone Baby Nutrition

2010 - 2012

Senior Project Manager, Danone Baby Nutrition

January 2013 - December 2013

Senior Project Manager, Nutricia Ltd

2014 - Aujourd'hui

Operations Business Project Director, Danone Nutricia Early Life Nutrition

Le métier de vos rêves étant petit ?

sportif de haut niveau

En un mot la vie à Amsterdam ?

cosmopolite et bien organisée

Un conseil pour les étudiants ?

OSEZ !

Attiré par l’agroalimentaire et l’industrie, vous choisissez d’intégrer l’ENSIA. Qu’est-ce qui vous a particulièrement plu au cours de cette formation ?

J’ai fait l’ENSIA car la partie agroalimentaire m’intéressait beaucoup. J’ai trouvé l’école très sympa, en particulier pour le réseau, je me suis fait de très bons amis là-bas que je vois encore régulièrement, et pour l’ouverture d’esprit, originaire des Alpes, j’ai pu découvrir Paris ! J’ai trouvé que l’enseignement était un peu trop scolaire et pas suffisamment tourné vers le monde du travail… J’ai trouvé les stages particulièrement intéressants, ils permettaient d’avoir un premier pied dans la vie professionnelle et c’était un bon aiguillage pour la suite !

J’ai suivi une dominante « génie industriel et agroalimentaire ». J’ai fait un premier stage de quatre mois dans une sucrerie : d’un point de vue industriel et process, c’était vraiment très intéressant. J’ai adoré. J’ai fait mon stage de fin d’année chez Danone à Besançon dans le pain d’épice en process et assurance qualité.

 

Vous décidez de compléter votre formation à l’agro avec une école de commerce, pourquoi cette décision ? Vous retrouvez à nouveau Danone pour votre stage de fin d’étude, qu’en retenez-vous ?

 

J’ai voulu continuer les études en intégrant une école de commerce afin d’acquérir des compétences managériales et gestion de l’innovation car je trouvais que l’enseignement à l’école était insuffisant sur ces aspects-là. Lors de celui-ci, j’ai refait un stage de 6 mois, chez Danone, dans le secteur « produits frais », et mes missions étaient plus managériales que lors de mon premier stage.

Stages de 6 mois chez Danone ? Des métiers différents nécessitant des compétences différentes, des produits complètement différents, des niveaux différents. En revanche, il y avait bien des similarités, dans les moyens, dans la politique de la société.

 

Vous trouvez ensuite une opportunité de coopération chez Rhodia Chemicals, groupe chimique français, en Angleterre. Quels souvenirs gardez-vous de cette période ?

 

C’était en Angleterre, à Manchester. J’étais ingénieur d’affaire. La filiale vendait des équipements pour la microfiltration et l’ultrafiltration qui étaient utilisés dans l’industrie pharmaceutique, l’agroalimentaire ou l’automobile. Concrètement, je faisais des chiffrages d’installation pour le nord de l’Angleterre. Au début c’était assez dur car je ne parlais pas forcément très bien anglais et j’étais en banlieue de Manchester où les personnes avaient un fort accent. J’en garde au niveau de ma vie personnelle un souvenir excellent, je sortais d’école et je rencontrais sans cesse des coopérants comme moi, pendant un an, A Manchester, il y avait une culture de la fête et de la vie sociale incroyable. Je me suis tellement plu là-bas que j’ai hésité à rester plus longtemps !

 

Après votre coopération à Manchester, vous rentrez en France et décrochez un poste en R&D chez Danone, est-ce facile ensuite d’évoluer au sein du groupe ? Etiez-vous heureux de retrouver la France ?

 

J’ai eu la chance d’être pris, à nouveau, dans le groupe Danone après une candidature spontanée en R&D à Plessis Robinson. Je suis arrivé au bon moment avec le bon bagage. J’ai commencé en R&D et je suis resté deux-trois ans, jusqu’au jour où j’ai réalisé que ça ne me plaisait pas suffisamment. J’étais en développement process, je développais des nouvelles technologies sur des produits très connus par exemple sur les petits muscles, DEF, sur les eaux aromatisées. Cela va bientôt faire 20 ans que je travaille chez Danone. J’ai toujours aime progresser dans cette entreprise, c’est une entreprise assez entrepreneuriale, et nous avons beaucoup de libertés.

J’étais content de revenir en France, mais avec le recul, si la même situation se présentait aujourd’hui, je resterai en Angleterre. Aujourd’hui, je suis moins attiré par ce que je vois en France.

 

Vous décidez donc d’évoluer en interne et on vous propose un poste de suivi de projet et mise en place de process. Quel était le projet sur lequel vous avez alors travaillé ?

 

J’ai voulu changé, et en interne, j’ai eu une proposition : rejoindre l’équipe projet de construction du Centre de R&D de Danone à Palaiseau. Nous étions une dizaine dans l’équipe, je travaillais surtout sur les pilotes.

J’ai vraiment aime l’ambiance projet et j’ai voulu continué là-dedans ! A l’époque, on m’a proposé de passer dans la branche biscuit pour participer à un nouveau projet. Lors de la restructuration industrielle de Lu France, on investissait dans certains sites pour transférer les moyens de production. J’avais été assigné sur un des sites qui accueillait des investissements à Bordeaux. Je suis resté pendant 2 ans. J’ai étendu l’usine, les bâtiments. J’ai lancé la production du mikado chocolat au lait, je me suis occupé du volet énergétique du site. Par exemple quand on agrandit une usine, il faut faire une maîtrise d’œuvre, il faut déposer un permis de construire, il faut trouver des entrepreneurs… C’est la même chose pour le process, il faut acheter des lignes de fabrication, des lignes d’emballages…

Vers un poste axé plus management, vous découvrez alors le secteur des produits infantiles. Quel était donc ce poste ?

J’avais envie de faire un peu de management, on m’a alors proposé de passer chez Blédina toujours dans le groupe Danone. C’était, à l’époque, la seule société qui proposait du Baby Food. J’étais responsable de production des produits poudres de lait Gallia et Blédilait sur lesquels nous avions 40% du marché français.

J’ai commencé à découvrir le business et la marge de produit. J’étais basé à Lille, je suis resté pendant 4 ans. J’avais environ 80 personnes sous management et je m’occupais de la maintenance et de la fabrication de ces produits. C’était nouveau. Mon bagage technique m’a bien supporté au début pour être à l’aise avec ce que je demandais. Sur le terrain, j’ai beaucoup appris sur le management !

 

Pourquoi autant de marge sur les produits infantiles ?

 

Il s’agit d’un marché très particulier, par exemple pour un bébé entre 0 et 4 mois, les parents se dirigent presque toujours vers la marque Gallia plutôt que vers une marque distributeur ou premier prix. La différence de prix sur 4 mois est abordable pour un foyer moyen ! Il y a une autre raison, c’est le risque sanitaire. Des rappels existent aussi sur ces types produits. Un produit de marque est un gage important de qualité irréprochable. Je pense qu’il y a aussi l’évolution de la législation qui est très forte. Une marque distributeur ou un petit industriel aura du mal à toujours s’adapter et à toujours adapter ses moyens de production et ses formulations les bons nutritionnistes.

 

Vous retournez sur des postes de suivi de gros projets et partez à Amsterdam, au siège de l’alimentation infantile de Danone, pour construire une extension d’usine en Irlande. Comment cela s’est-il passé ?

 

Pour le secteur alimentation infantile, il n’y avait, chez Danone, que la marque Blédina. Le groupe Danone a décidé de racheter une société hollandaise internationale qui vendait de la poudre de lait. Les usines étaient saturées à l’époque, on m’a donc proposé de construire une extension d’usine en Irlande : je devais multiplier par trois la production du site ! Je suis donc allé à Amsterdam, où se trouve le siège de l’alimentation infantile de Danone, avec beaucoup de français de Blédina.

 

 

Pouvez-vous nous détailler la mise en place de ce projet en Irlande ? Existe-t-il des risques lorsqu’on réalise des contrats à l’étranger ?

 

C’était vraiment passionnant, j’étais à Amsterdam mais j’ai dû partir deux ans en Irlande : le projet était considérable (60 millions d’euros), l’usine couvre 60% de l’Europe. C’est énorme, c’est la plus grosse usine d’alimentation infantile au monde !

J’aimais bien le challenge, j’ai adoré cette expérience ! Il y une chose qui était très importante et qui a contribué à rendre cette expérience très enrichissante : les personnes avec qui j’ai travaillé, les Irlandais sont vraiment très flexibles. J’ai également eu des avantages dus au contexte macroéconomique : c’était la « deep recession » en Irlande, les prix étaient cassés, les sociétés en face de moi offraient des prix défiants toute concurrence.

 

Vous partez ensuite à l’étranger et notamment en Nouvelle Zélande pour monter un nouveau projet. Quelle était votre mission sur place ? Comment s’est passée cette nouvelle expérience à l’étranger ?

 

J’y suis allé tout d’abord plusieurs fois pour préparer le terrain avant de m’installer là-bas. Mais finalement l’investissement a été stoppe car l’environnement de marche n’était plus satisfaisant.

La nouvelle Zélande est un pays magnifique. J’ai pu partir, visiter la Nouvelle Zélande pendant un mois Avez-vous le film « La leçon de piano » ? Un film à voir ! Ce film démarre et termine sur une scène incroyable, le personnage principal débarque sur une plage (plage de Karekare) avec son piano, j’y suis allé et c’était incroyable. La Nouvelle Zélande, est un pays peu peuplé avec une biodiversité très riche : c’était merveilleux !

 

Vous retournez en Europe et devenez directeur d’un très gros projet, le plus gros investissement industriel de Danone depuis sa création ! Dites-nous-en plus sur ce projet que vous dirigez aujourd’hui !

 

J’ai mis deux ans à préparer et à convaincre le top business du groupe Danone de cet important projet. Mon travail a consisté dans un premier temps à comparer différents pays, nous avons cherché à savoir lequel était stratégiquement le plus intéressant.... J’ai eu la chance d’obtenir la signature du plus gros investissement industriel du groupe Danone, 240 millions d’euros. Il y a eu une accumulation de bonnes conditions (bonne conditions pour nos matières premières, pour l’énergie et forte croissance de nos produits.

On va commencer la construction dans quelques semaines. Cela va durer deux ans. Je suis directeur de projet, je vais avoir environ 40 personnes dans mon équipe directe.

 

Qu’est-ce qui vous plaît dans les produits infantiles ?       

 

Je suis passionné par le produit, par son impact sur le consommateur, j’ai trois petites filles et je trouve cela motivant de créer un produit pour cette cible-là. J’ai toujours aimé le process laitier. Je suis dans ma sphère de confort, aujourd’hui, mon seul risque serait peut-être de commencer à tourner en rond, mais je n’y suis pas du tout pour l’instant !

 

Quand on pense être au summum de sa carrière, qu’est-ce qu’on envisage pour la suite ?

 

J’ai toujours eu de la chance, donc pour la suite je suis assez confiant ! Je souhaiterais changer de métier pour voir. Je resterai dans les opérations mais je suis ouvert. On a vraiment en tant qu’ingénieur confirmé des belles opportunités de changer et de voir autre chose.

 

Vous êtes donc aujourd’hui en Hollande, que pouvez-vous nous dire de ce pays ?

 

Ici c’est super, mon seul souci c’est la langue, je comprends un peu mais je ne parle pas du tout couramment ! Généralement les personnes ici, acceptent qu’on ne parle pas leur langue. La Hollande est un pays organisé, structuré, sécurisé : il y a plein de qualités.

Culturellement les différences ? Les hollandais sont très directs, et on apprend rapidement à devenir comme eux quand on vit ici. La notion de communauté est très forte, c’est un groupe avec un grand respect. Il ne faut pas sortir du cadre. Pour s’intégrer totalement dans le milieu hollandais, il faut bien maitriser la langue, ce qui reste un vrai challenge.

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