Jean-Marc Arbaud, Directeur Adjoint, CDPQ Infra

Il y a 1 an et demi j’étais tout seul, aujourd’hui il y a 50 personnes qui travaillent sur ce projet.

Investir dans des projets de grande ampleur ? Voyager et se confronter aux réalités de chaque pays ? Saisir les opportunités qui s’offrent à nous ?

1985-1988
Etudiant, ENSIA (85)

Spécialisation à l'ENGREF en Mathématiques et Informatique

 

1995 - 2012

Vice President, SNC-Lavalin

 

2012-2013

President, Infra-diagnox

 

2014-Aujourd'hui

Directeur Général Adjoint, Caisse de Dépôt et Placement du Québec

Quel a été votre parcours après l’agro ?

 

A l’agro, j’ai fait Massy puis j’ai commencé à travailler dans une société d’ingénierie. Je me suis surtout occupé de projets de logistique et d’agro-industrie en France dont des projets de restauration aérienne (Orly, Servair, Eurostar). J’ai fait pas mal de gestion de projet sur la construction d’usines en agro-industrie. La compagnie où je travaillais a ensuite été achetée par une importante compagnie canadienne d’ingénierie en construction (SNC Lavalin). Ils m’ont proposé de venir prendre la direction d’une filiale qui faisait des projets de développement internationaux, dans le monde. C’est à ce moment-là que j’ai quitté la France. C’était des projets pour la Banque mondiale, la Banque africaine. Ces projets m’ont permis d’aller dans une cinquantaine de pays (Sénégal, Burkina Faso, Mali, Tunisie, Guinée, Indonésie, Philippines, Venezuela, Mexique…). Mon rôle était de superviser l’ensemble des activités des équipes dans les différents pays. Par exemple, un de mes projets à la frontière entre le Venezuela et la Colombie était la plantation de citron pour pallier au développement de la culture de coca. Les questions auxquelles je devais répondre étaient : Comment financer le projet ? Quelles équipes mettre en place ? Qu’est ce qui peut être développé avec le gouvernement ?

Après ça j’ai eu envie de faire autre chose et j’ai travaillé dans la filiale d’investissement de SNC_Lavalin qui démarrait tout ce qui était privatisation et partenariat public-privé. J’ai travaillé sur pas mal de projets : ponts, projets d’investissement… Le plus gros projet qu’on ait gagné en partenariat public-privé a été le train automatisé à Vancouver. On m’a proposé  de prendre la présidence de la filiale qui allait s’occuper de la construction et de l’opération du projet de train automatisé. J’ai accepté, je trouvais ça intéressant, je suis donc allé vivre à Vancouver quelques années (2005-2010). Je m’occupais en plus de l’opération et de la mise en service pour les Jeux Olympiques. Après j’ai été en charge de restructurer une filiale de SNC (1200 personnes) qui travaillait dans le domaine des lignes d’énergie et de transmission électrique au Brésil à Rio où j’ai vécu pendant 2 ans.

Ensuite pour différentes raisons, je suis revenu à Montréal et j’ai démarré une compagnie de conseil. Je me suis occupé de beaucoup d’acquisitions, d’infrastructures de type autoroute à péage, lignes d’énergie, éoliennes en Inde, au Brésil, au Mexique, aux Etats-Unis.

Après, je suis venu à la Caisse de Dépôt et Placement du Québec (CDPQ) sur leur demande pour gérer les projets de partenariats publics privé en Australie où la CDPQ détient des hôpitaux et des casernes.

 

Quelles sont vos missions actuellement à la caisse de dépôt et de placement du Québec ?

 

La caisse doit être pro-active et lancer elle-même des projets dans lesquels elle peut investir. Une des initiatives a été de développer un projet de métro automatisé à Montréal en entente avec le gouvernement. L’objectif est de doubler la distance parcourue par le métro en utilisant les infrastructures existantes et en les transformant. La caisse est propriétaire, investisseur et développeur de ce projet. Afin de le mener à bien, une filiale a été créé et je suis en charge de la partie opérationnelle de cette filiale. Je m’occupe de coordonner les groupes technique, financier, commercial, communication, relation avec les médias et tous les sous-traitants. On achète des terrains, on négocie avec le gouvernement, plus généralement on gère tous les aspects de ce projet. Il y a 1 an et demi j’étais tout seul, aujourd’hui il y a 50 personnes qui travaillent sur ce projet à la CDPQ et 1000 personnes en tout sur Montréal. Théoriquement les premières rames seront mises en place d’ici 3-4 ans.

 

L’étranger semble s’être imposé comme une évidence pour vous ?

 

J’ai toujours voulu voyager quand j’étais jeune, la première fois que j’ai dû prendre un avion je devais avoir 20 ans, c’était une autre époque. Je voulais vivre autre chose. Je me suis expatrié en 1997 pour aller à Montréal travailler pour une compagnie nord-américaine et je ne suis jamais revenu en France. Maintenant, j’ai une nationalité canadienne. Pour moi c’est un autre monde, la culture, les façons de travailler sont différentes. Je ne sais pas si j’arrivais à retourner travailler en France, c’est beaucoup plus direct au Canada même si la notion de hiérarchie reste forte. C’est différent partout. En France, tu apprends à l‘école un modèle qui t’explique comment les choses sont organisées. Puis en voyageant dans le monde, tu vois des modes de fonctionnement complètement différents : chaque économie, chaque façon de faire, les relations entre les gens, c’est toujours différent. A Québec, il y a un modèle qui va être différent de celui existant en Colombie britannique qui sera plus strict, plus classique. Je pense qu’il n’y a pas de vérité, chaque pays, chaque culture, chaque façon de faire sont différentes.

 

Comment l’expatriation a-t-elle été vécue par vos proches ?

 

Je suis parti au Canada avec ma femme et mes 2 enfants, ça s’est très bien passé, tout le monde était content. Avant, on vivait à Paris et c’était compliqué avec des enfants de 3 et 5 ans (crèche, embouteillages), Montréal est beaucoup plus simple que Paris de ce point de vue-là.  

Montréal - Investissement - Gestion de projet - Canada

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