LOUISE HORWITZSenior Consultant, Capgemini Consulting

En tant qu’étudiant, je ne comprenais pas bien le monde de l’entreprise, le conseil était donc pour moi le meilleur moyen d’appréhender ces notions !

Choisir la voie de l'apprentissage pour avoir un pied dans l'entreprise ? Travailler aux achats chez Danone ? Partir dans le conseil pour comprendre le fonctionnement des entreprises ? Du conseil en organisation chez Kurt Salmon Consulting ?

A Londres, entrer chez Capgemini Consulting sur la branche supply chain - retail ?

2003 - 2006
Etudiant, INA P-G (2003)

 

Juillet 2004 - Aout 2004

Assistant, UNWINS Wine Group

Février 2005 - Juin 2005

Raw materials purchaser, Danone Group

Mars 2006 - Décembre 2006

Packaging Purchaser, Danone Group

2007 - 2012

Senior consultant, Kurt Salmon

2012 - Aujourd'hui

Senior Consultant, Capgemini Consulting

Le métier de vos rêves étant petit ?

Vétérinaire

En un mot la vie à Londres ?

C’est un peu comme à Paris mais avec des anglais et une petite touche particulière en plus (rire)

Un conseil pour les étudiants ?

D’essayer de parler avec de gens qui travaille pour se projeter un peu dans ce qui se fait pour pas avoir de vision trop théorique et pas être déçu ensuite

L’apprentissage pour avoir un pied dans le monde de l’entreprise, comment avez-vous construit votre cursus à AgroParisTech ?

 

Je suis entrée à l’agro en 2003 et je me suis assez rapidement éloignée de la biologie pure, je voulais suivre une spécialité plus généraliste. J’ai donc choisi la spécialité GIPE, qui venait d’être créée, pour son lien avec l’entreprise et le management.
 

Il se trouve que j’avais déjà un pied dans l’entreprise car j’avais choisi de suivre la voie de l’apprentissage ! Au début, j’avais hésité entre ce cursus et la césure, mais à l’époque il me semblait que la césure était souvent plus un voyage qu’une expérience en entreprise, et j’avais déjà beaucoup voyagé.

 

Pendant 2 ans, j’étais chez Danone, aux achats. La première année j’étais surtout au centre de recherche, je m’occupais du sourcing des matières premières (j’ai notamment participé à une recherche pour savoir comment sourcer du soja non OGM). L’année d’après, je suis partie chez LU (appartenant aujourd’hui à Mondelez), j’étais en charge d’un portefeuille d’emballages (films, barquettes etc). C’était beaucoup plus opérationnel, j’allais dans les usines, je faisais des appels d’offres. Soit je travaillais avec des fournisseurs préexistants sur l’amélioration des produits soit j’en trouvais des nouveaux.

 

Au bout de deux ans, j’avais le sentiment que si je poursuivais dans les achats, j’allais limiter ma vision de l’entreprise à un seul domaine. J’ai donc décidé de faire autre chose.

 

 

Qu’est-ce qui vous a attiré dans les métiers du conseil ?

 

J’ai décidé de chercher une opportunité dans un cabinet de conseil en organisation, entre la stratégie et la mise en œuvre informatique. Ce qui m’attirait c’était le processus à suivre pour aider une entreprise à augmenter sa performance, faire de la conduite du changement etc.

 

Pourquoi le conseil ? J’étais vraiment dans une phase, en tant qu’étudiante, où je ne comprenais pas bien le monde de l’entreprise et je voulais vraiment comprendre son organisation et son fonctionnement interne. Le conseil était donc, pour moi, le meilleur moyen d’appréhender ces notions et, grâce à la diversité des sujets des missions, de voir plein de choses différentes en peu de temps !

 

 

Vous intégrez Ineum Consulting, et travaillez dans la branche automobile, aéronautique et luxe, pour quel type d’entreprise avez-vous travaillé ?

 

J’ai suis arrivée chez Ineum Consulting, une entreprise assez récente, qui était issue de la branche conseil de Deloitte lorsqu’ils se sont concentrés sur l’audit. J’étais la seule agro ce qui changeait un peu de Danone (rire) et cela me plaisait bien ! Je suis entrée dans la branche « entreprises industrielles et commerciales » dont les clients étaient principalement dans le secteur de l’industrie automobile, de l’aéronautique et du luxe. J’ai donc eu des missions très différentes !

 

Pour mon premier projet je suis partie en Corée du Sud pour une mission de 6 mois. J’aidais le fournisseur d’un constructeur automobile européen à automatiser le calcul du temps de montage d’un faisceau électrique en fonction des différents composants.

 

Pour citer un autre exemple, j’’ai également travaillé en développement produit dans la maroquinerie pour une maison de luxe. J’étais en charge de la conduite du changement, sur un projet de mise en œuvre d’un outil de PDM, qui permet de développer les produits et de stocker toutes les informations liées. Ainsi, le changement permettait d’améliorer la qualité des articles, de réutiliser les composants d’un article à l’autre et de réduire le temps de développement des nouveaux produits.

 

 

Vous décidez ensuite de partir en Angleterre pour suivre votre ami, était-ce difficile de partir ? Ineum vous-a-t-il facilité la tâche ?

 

Mon ami est parti en Angleterre pour son travail et après quelques années d’aller-retour, j’ai demandé à être mutée dans la branche anglo-saxonne d’Ineum. Au début, j’ai continué la mission que j’avais en France pour EADS depuis Londres. J’avais le statut de détachée : ce n’était pas idéal, je me déplaçais beaucoup, je n’avais pas mon équipe avec moi… Au bout d’un moment, j’ai demandé à entrer dans le bureau anglais même s’il était très spécialisé en finance. Cela a été le parcours du combattant et j’ai dû démissionner de Ineum France, perdant ainsi mon ancienneté, pour entrer chez Ineum UK. Et au final, je continuais de travailler pour la France notamment avec une mission pour la maison de mode Chloé.

 

Ineum était détenu par un fond d’investissements qui possédait également une entreprise de conseil spécialisée en distribution : Kurt Salmon Associates. Etant plus attirée par la distribution que par la finance de par mon parcours, j’ai donc essayé d’entrer chez KSA. Mais le fait d’être interne à l’entreprise ne m’a pas du tout aidé, ils embauchaient surtout des anglais. Je me rappelle à l’époque, cette situation était un peu désespérante !

 

 

Ineum fusionne avec KSA et devient Kurt Salmon, vous réussissez à passer sur la partie distribution, pouvez-vous nous donner un exemple de mission de conseil ?

 

Ineum Consulting et KSA ont fusionné en 2011 pour donner naissance à Kurt Salmon : j’ai donc enfin pu passer sur la partie distribution ! J’y ai effectué quelques missions spécialisées en opérations magasins. Par exemple j’ai contribué à un gros projet pour aider un distributeur alimentaire à planifier le temps de travail nécessaire chaque semaine pour savoir combien de personnes ils devaient employer.

 

Avec des ingénieurs de temps, je me rendais dans les magasins pour établir des modèles : nous déterminions les activités réalisées en magasin (réapprovisionnement des étagères, service cafétéria, caisses etc.) puis nous mesurions le temps nécessaire à la réalisation de ces activités par les employés. Nous travaillions sur plusieurs magasins à la fois pour valider le modèle qui permettait de corréler le temps nécessaire aux les paramètres du magasin. Par exemple, si un magasin fabriquait des pizzas « maison » le temps était lié au nombre de pizza mais le temps de nettoyage était lié à la surface etc.

 

Ce n’était pas un exercice forcément évident ! Rapidement, je me suis rendue compte que je ne voulais pas travailler uniquement sur ce type de missions.

 

 

Entrée chez Capgemini il y a 4 ans, dans quelle branche travaillez-vous ?

 

Au fil du temps, mon niveau d’anglais est devenu assez bon, je pouvais donc plus facilement chercher du travail sur place. Je suis entrée chez Capgemini Consulting qui avait un portefeuille de clients plus important dans la distribution ! Au début, je travaillais dans la branche stratégie, operating model des entreprises. Au bout d’un an, comme je ne participais qu’à des missions supply chain et retail, ils m’ont changé d’équipe et j’ai rejoint la branche retail supply chain. Cela fait aujourd’hui presque 4 ans que j’y suis !

 

Un exemple de mission ? L’année dernière (2015), j’ai travaillé pendant six mois pour le groupe Kingfisher, la maison mère de Castorama, basée au UK. Kingfisher avait déjà commencé à mettre en place SAP (un progiciel de gestion d'entreprise qui appartient à la famille des ERP). L’objectif du projet était de travailler avec les équipes métier pour à la fois définir les futurs processus du groupe, s’assurer que ces processus couvrent bien la totalité du périmètre de l’entreprise, et pour identifier dans quelle mesure ils pouvaient être communs a toutes les sociétés du groupe. La phase suivante a été d’aller déployer ces processus groupe en France, chez Castorama.

 

 

Concrètement quel est votre rôle, conseiller, trouver des solutions ?

 

En tant que consultant dans l’organisation, c’est extrêmement rare qu’un client nous demande de trouver une solution à un problème stratégique. La majorité du temps le client sait où il veut aller, et je l’accompagne pour mettre en œuvre la solution de manière opérationnelle, avec les équipes métier. Ce que j’apporte, c’est surtout une méthode !  

 

Classiquement, proposer une solution est plus le rôle des consultants en stratégie. Si une entreprise est face à une baisse des ventes par exemple, le cabinet en stratégie va analyser ce qui ne va pas : interviewer les différents services, regarder les comptes, regarder les derniers changements effectués et proposer une recommandation d’actions. Une fois que le client a décidé ce qu’il veut faire, la partie organisation arrive après pour définir l’approche et mettre en place le changement.

 

 

Qu’envisagez-vous pour l’avenir ?

 

Je pense qu’à moyen terme je changerai. J’attends mon premier enfant, je n’ai plus trop envie de voyager et j’aimerais un travail avec plus de visibilité sur mon lieu de travail. Dans le conseil, nous allons de missions en missions donc on ne sait jamais où on travaillera, dans quel pays. L’entreprise ne peut pas s’engager, nous allons là où se trouvent les clients !

 

 

Pouvez-vous nous dire deux mots sur Londres ?

 

Au départ, j’ai suivi mon ami (maintenant mari) qui devait n’y rester que 2 ans (rire). J’aime bien Londres, c’est une grande capitale, plus multiculturelle et grande que Paris, mais aussi avec plus d’espaces verts. De plus, avec l’Eurostar nous ne sommes qu’à deux heures de Paris et de nos familles, je mets plus de temps à aller à Manchester qu’à Paris (rire) ! Après je pense que cette ville est plus agréable quand on gagne bien sa vie, sinon c’est rapidement compliqué, tout est très cher. Pour l’instant j’ai toujours en tête de rentrer en France, mais le temps passe…on verra !

Londres - Capgemini - conseil - retail - Danone - supply chain - Danone - achats - conseil en organisation - GIPE

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