Maïwenn Bareaud Gestionnaire de portefeuille de projets d'innovations chez Danone Early Life Nutrition, Singapour

"Nos carrières vont être vouées à durer plus longtemps et à évoluer énormément. Une carrière ça se construit étape par étape, on ne sait jamais ce qui peut arriver, il faut savoir saisir les opportunités. Nous ne sommes pas obligés d’avoir une vision à long terme, bien linéaire de la suite des événements. "

Vous êtes interessés par le management et l'innovation  ? La gestion de projets vous attire fortement ? Vous vous demandez s'il est possible de jongler entre le secteur public et privé ? 

2004 - 2007
Etudiante ingénieur agronome à AgroParisTech, spécialisation DEV

Mars-Septembre 2007

Assistant de recherche en agronomie à l'IRD, Éthiopie 

2007 - 2009

École du Génie Rural, des Eaux et des Forêts, Économie et Politiques Agricoles 

 

Mai - Septembre 2009

Consultant Junior - Energie et Environnement chez RAND Europe / Euréval

2009 - 2010

Chargé de mission PSEA (Plan d'aide d'urgence) au Ministère de l'Agriculture, Paris 

2010 - 2012

Chargé de mission Assurance au Ministère de l'Agriculture, Paris 

2013 - 2014

Chef de projet stratégique Recherche et Développement chez Danone, Singapour

2014 - 2015

Chef de projet strateégique Food Safety / Sécurité Sanitaire chez Danone Early Life Nutrition, Singapour

2015 - 2017

Gestionnaire de portefeuille de projets d'innovations, R&D chez Danone Early Life Nutrition, Singapour

2017-Aujourd'hui

Gestionnaire de portefeuille de projets d'innovations, PMO chez Danone Early Life Nutrition, Singapour

Je m’appelle Maïwenn Bareaud et je suis de la promotion 2004 de l’ex INAP-G aujourd’hui AgroParisTech. La fusion a eu lieu pendant ma scolarité.

 

Pourquoi l’Agro ?

 

J’ai toujours bien aimé la nature et cela m’a paru assez naturel de me diriger vers une prépa en biologie : les maths au service de la physique pour comprendre la biologie. Ce fut deux années extrêmement intéressantes à la fin desquelles j’ai choisi l’Agro. Mon grand-père était agriculteur et ostréiculteur en Bretagne ; cela a sûrement participé à mon intérêt pour ce secteur. Pourquoi les agriculteurs font les choix qu’ils font ? Quels contextes économique et politique orientent ces choix ?

 

​J’ai choisi la spécialité « Développement Agricole » (DEV) car on y passe en revue une grande diversité de situations agricoles, tout en apportant des éléments de micro et macro-économies ainsi que de politiques agricoles.

J'ai réalisé mon stage de fin d’étude en Ethiopie avec l’Institut pour la Recherche et le Développement (IRD). Dans le cadre du programme Biodivalloc, l'IRD souhaitait identifier les produits locaux favorisant la biodiversité locale qui auraient un potentiel à être valorisés sous la forme d’AOP ou IGP. En partenariat avec un thésard, tout en réalisant le diagnostic agro-économique d'un petit territoire agricole, format impose en stage de spécialité DEV, j'y ai étudié les modes de production et/ou de cueillette du café.

Quelle a donc été la suite pour vous après l’Éthiopie ?

Je souhaitais approfondir les aspects politiques et économiques de l’agriculture, peut-être dans l’idée de passer les concours de la fonction publique territoriale ou de travailler dans le conseil et/ou l’évaluation des politiques publiques. J’ai intégré l'ENGREF et suivi la formation des Ingénieurs des Ponts, des Eaux et des Forêts (IPEF) en ayant le statut d’ingénieur civile (ce qui étaient le cas de près de la moitié de la promotion).

 

A la sortie de l’école, j’ai eu l'opportunité de travailler comme contractuelle pour 6 mois au ministère de l’Agriculture. Il s'agissait de renforcer l’équipe en charge des aides d'urgence à l'agriculture dans le contexte de la crise économique de 2008-2010 qui a durement frappée le secteur agricole.

Au moment où mon contrat s'est terminé, une collègue s'en allait. J'ai repris son portefeuille d’activités autour des assurances agricoles en Contrat a Durée Déterminée de 3 ans.

 

Au-delà des connaissances spécifique du domaine de l'assurance et la réassurance agricole, j'y ai énormément appris sur le fonctionnement de l'administration et le sens de l'action publique : où s’arrête la responsabilité de l’État ? où commence la responsabilité individuelle ?"

Pourquoi avoir déménagé à Singapour ?

 

J'avais épuisé les opportunités en tant que contractuelle dans la fonction publique d'Etat. Je voulais effectuer une transition vers le secteur privé. Par ailleurs je souhaitais tenter l’expérience de vivre et travailler pour un moment à l’étranger. Mon mari a eu une opportunité professionnelle à Singapour. Cela semblait le moment opportun de bouger.

 

Après une recherche d'emploi peu fructueuse dans le secteur de l'assurance agricole, j'ai élargie ma recherche, fait appel au réseau des anciens des Agros et ai été embauché chez Danone dans le département de Recherche et Développement avec un contrat de Volontaire International en Entreprise (VIE).

Cela n’a pas été trop compliqué de changer à ce point de secteur ?

 

J'ai eu de la chance d’être exposée à ces différents univers professionnels. Ces expériences ont été très enrichissantes. La clé est de rester adaptable et toujours chercher à apprendre.

 

Je suis arrivée chez Danone au début d'une crise sanitaire. Un de nos fournisseurs venait de nous informer de la contamination par la toxine botulique d’une partie de leur production. Mes missions ont été un peu bousculées et mes priorités revues pour répondre aux besoins de l’équipe.

 

J’ai ensuite effectuée une mission de presque un an dans l’équipe globale nouvellement créée de Food Safety / Sécurité Sanitaire, notamment sur leur gouvernance et leur organisation. Comment sélectionner les meilleures pratiques dans l'organisation ? Ou trouvez des synergies ?

 

En février 2015, je suis retournée en R&D et suis devenue gestionnaire de portefeuilles de projets. Il s'agissait d'identifier les projets nécessitant des ressources R&D (innovation, sourcing et sécurité de l’approvisionnement) et de rationaliser ce portefeuille et l'organisation de nos ressources. D'un point de vue business, nous voulions également comprendre comment (combien!) l’innovation contribue  à l'atteinte de l'objectif de croissance de notre division. J’ai également organisé le déploiement en Asie Pacifique du nouvel outil logiciel de gestion de projet et de portefeuille.

 

En 2017, un département de type PMO (Project Management Office), dédié à la gestion des projets et des portefeuilles de projets d'innovation, a été créé dans notre division. J'ai rejoint l’équipe et ai pris en charge une partie du portefeuille global d'innovation, relative à l'une des 4 catégories de notre division, tout en gardant mon portefeuille regional.

 

​Quelles sont pour vous les problématiques que vous avez rencontrées dans cette région d’un point de vue personnel ou professionnel ?

Partir à Singapour m'a permis de réaliser l'ampleur du filet de sécurité qui existe en France (aides, chômages, retraite, sécurité sociale) et à quel point (peut-être) nous l'ignorons.

 

Singapour est un « hub » financier qui attire des personnes de différentes sensibilités, cultures et nationalités rendant cet endroit des plus atypiques. Cette exposition à différentes cultures encourage les gens a rester ouverts, positifs, à découvrir beaucoup de choses et à être flexibles.

Avez-vous des conseils pour les étudiants ?

Je recommande à tous les ingénieurs de pas hésiter à s’exposer à différents milieux professionnels et culturels. Allez faire des césures à l’étranger et testez beaucoup de choses ! Restez flexibles, agiles et adaptables ! Ayez soif de connaissances et d’apprentissages !

 

​Nos carrières vont être vouées à durer plus longtemps et à évoluer énormément. Une carrière ça se construit étape par étape, on ne sait jamais ce qui peut arriver, il faut savoir saisir les opportunités. Nous ne sommes pas obligés d’avoir une vision à long terme, bien linéaire de la suite des événements.

Ingénieur - Singapour - Danone - Innovation - Portfolio - Manager - Nutrition Infantile - Project - Asie Pacifique  

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