Priscille Pradal, Sensory System manager Americas, Barry Callebaut 

Les québécois parlent français mais ce n’est pas la même culture et les relations, même au travail, sont différentes

Le monde de l’automobile ouvert à un ingénieur agro-alimentaire ? Comment évoluer dans le milieu de l’analyse sensorielle au Québec ? Quelles sont les opportunités en agroalimentaire au Québec ? 

1995-1998
Etudiante, ENSIA (95)

1999 - 2001

Sensory evaluation, Renault

 

2001-2005

Projetc manager sensory evaluation, Creascience

2005-2007

Sensory evaluation, local coordinator, Barry Callebaut

 

2008-2013

Quality assurance, sensory evaluation coordinator Americas, Barry Callebaut

2013-Aujourd'hui

Sensory system manager Americas, Barry Callebaut

Le métier de vos rêves étant petit ?

Travailler avec les enfants

Votre métier actuel en quelques mots ?

Goûter du chocolat !

Votre motivation pour vous lever le matin ?

Savoir qu’il va y avoir des challenges et des défis à relever

 

Ce que la formation à AgroParisTech vous a apporté ?

Les connaissances scientifiques, du milieu agro-alimentaire et le réseau

 

Les enjeux majeurs des futurs agros?

Se faire connaître, je pense qu’on est pas assez reconnu pour ce qu’on peut apporter

 

La vie à Montréal ?

Belle !

 

Un mot en québécois ?

Pas pantoute, qui veut dire pas du tout

En troisième année à AgroParisTech vous choisissez la spécialité science des aliments. Quel est la début de votre parcours professionnel en France ?

J’ai fait mon stage de fin d’année au sein du groupe Vergers Boiron, je travaillais à la fois en qualité et en R&D.

Mon premier job a été dans un milieu non alimentaire. Je travaillais en analyse sensorielle chez Renault, ma mission était de mettre en place un référentiel avec les fournisseurs pour la perception des textiles et des plastiques dans les voitures. J’ai découvert un monde différent de l’alimentaire mais ça n’en restait pas moins l’application des méthodes que j’avais apprises, appliquées à un autre produit. Renault est une grande entreprise, les CDD sont courants et leur renouvellement long. Pour ces raisons j’ai cherché un autre emploi et la porte du Canada s’est ouverte. C’était une offre d’emploi d’une société de consultation en statistiques qui souhaitait offrir une consultation en analyse sensorielle.

Comment avez-vous vécu votre expatriation ?

Partir de France n’était pas un problème pour moi, je me voyais passer des années à l’étranger. Je suis partie à Montréal sans connaître la ville et la première année de mon arrivée a été un temps d’adaptation. Les québécois parlent Français mais ce n’est pas la même culture et les relations, même au travail, sont différentes.

Mes proches l’ont bien vécu, nous avions tous en tête que je resterai 2-3 ans mais ça fait maintenant 15 ans que je suis à Québec !

 

Quelle a été votre première expérience à Montréal ?

L’entreprise de consultation québécoise m’a employé avec un contrat de travail fermé, ce qui permet de travailler seulement pour une seule entreprise et il est à renouveler chaque année. Je suis arrivée en juillet 2011 et une grande partie de nos clients se trouvaient aux Etats-Unis et venaient se faire former au Canada. Après septembre 2011, les gens n’ont plus voulu voyager et l’économie a beaucoup ralenti. Pour la compagnie de consultation, les contrats ont tellement diminué qu’ils ont du me mettre en chômage technique. Je cherchais un autre emploi mais malheureusement, avec un permis de travail fermé cela demande que l’entreprise nous sponsorise et ce n’est pas toujours le cas. Après cela, la situation s’est un peu améliorée et ils m’ont repris, nous étions moins nombreux et je m’occupais de choses totalement éloignée de l’analyse sensorielle.

Vous travaillez maintenant depuis 11 ans chez Barry Callebaut. Pouvez-vous nous dire quelques mots sur cette entreprise ?

 

Barry Callebaut est le leader mondial de la fabrication de cacao et de chocolat. Le groupe fournit les professionnels du chocolat, tels que les pâtissiers sous ses marques internationales Callebaut et Cacao Barry. Le reste de la production est destinée aux fabricants mondiaux et locaux e.g, Mars, Nestlé, Godiva... Le groupe est engagé dans une démarche de développement durable notamment avec une approche axée sur la productivité et la durabilité des coopératives de cacao.

Le milieu de l’alimentaire au Québec est assez petit, les centres de R&D sont principalement situés dans le région de Toronto ou aux Etats-Unis. C’est par l’intermédiaire de mes anciens patrons que j’ai été recrutée à Barry Callebaut.

 

Quelles sont vos missions ?

Cela fait 11 ans que je travaille pour le groupe. Au début, je m’occupais essentiellement de l’usine de Saint-Hyacinthe (la plus grande en Amériques ) puis avec la croissance du groupe et l’ajout d’usines en Amérique, mon rôle a grandi.

 

Aujourd’hui, je suis responsable des usines aux Etats-Unis, au Brésil, au Mexique et au Québec.

Mes missions de responsable de l’évaluation sensorielle sont diverses. D’un point de vue qualité, je suis en charge de la  formation du personnel dans les usines pour avoir des panels de conformité à la réception des matières premières et à la sortie des produits finis. Je voyage au moins une fois par an dans chacune de nos usines en Amérique pour former les nouveaux employés et assurer la conformité aux procédures sensorielles. Une autre facette de la qualité concerne l’approvisionnement, je dois m’assurer qu’un changement de fournisseurs ou de matières premières ne va pas impacter le produit fini. De plus, je supporte les équipes R&D grâce à mon expertise. Lorsque nous effectuons des changements dans nos usines je m’assure de la validité de l’impact sur les produits. Enfin, je suis en charge des questions techniques que peuvent avoir nos clients.

Qu’est ce que la formation AgroParisTech vous a apporté dans votre métier ?

AgroParisTech m’a apporté les méthodes d’analyse sensorielle, la compréhension des procédés alimentaires et des réactions chimiques dans la production du chocolat.

De plus, l’école est reconnue comme une grande école d’ingénieur et mon diplôme équivaut à un master de sciences au Canada donc je n’ai pas eu de problème pour trouver du travail.

Montréal - Analyse Sensorielle - Agroalimentaire - Qualité - R&D - Canada

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