Yves Wang, Regional Application Engineer at JBT FoodTech, Bangkok

"Prenez conscience de la chance que vous avez d’avoir accès à toutes les ressources dont vous disposez grâce à l’école et que le résultat est uniquement une conséquence de vos actions."

Vous souhaitez en savoir plus sur le commerce d'équipement de pointe en agroalimentaire sur le continent asiatique ?

Vous êtes intéressé par la double casquette que peut apporter une formation complémentaire à l'ESSEC ?

2010 - 2013
AgroParisTech - Institut des sciences et industries du vivant et de l'environnement

Ingénieur en Génie des procédés alimentaires

2013 - 2014
ESSEC - ESSEC Business School

Master's degree Management International Agro-alimentaire

Mars 2013 - Août 2013

Amélioration continue, lean Evian, Danone Eaux France

Juil 2014 - Dec 2015

Chef de Projet - Convoyeurs Gebo Cermex Laguna, Philippines

 

Dec 2015- Déc 2016

Chef de Projet - Ligne complète Packaging Gebo Cermex

Bangkok Metropolitan Area, Thailand

Dec 2016 - Aujourd'hui

Regional Senior Application Engineer

JBT FoodTech

Bangkok Metropolitan Area, Thailand

Yves Wang, je viens de Lyon et je suis d’origine chinoise. Mes parents sont chinois et ont immigré en France. Cela fait maintenant quatre ans que je travaille à l’étranger. Après avoir travaillé aux Philippines, je suis actuellement en poste à Bangkok. Aujourd’hui je suis ingénieur chargé d’affaires.

Pouvez-vous nous parler un peu de votre parcours ?

J’ai suivi une formation AgroParisTech prolongée d’un master spécialisé à l’ESSEC en management international agro-alimentaires. Après deux ans de prépa biologie, le métier de vétérinaire ne m’attirait que très peu et je me voyais plutôt évoluer dans le monde de l’entreprise. AgroParisTech me semblait alors un excellent choix. Je me suis spécialisé à l’ENSIA en agroalimentaire et j’avais déjà rencontré, lors du Forum Vitae en première année, le responsable du master ESSEC que j’allais effectuer par la suite. Sa présentation m’avait séduit et passionné. C’est pourquoi j’ai choisi la spécialisation « Génie des Procédés » à AgroParisTech. C’était en effet une décision quelque peu stratégique car mon but était d’obtenir une double casquette qui allierait une formation très technique avec des compétences à la fois commerciales et marketing poussées acquises par la suite à l’ESSEC. Je n’ai pas effectué de césure et mon parcours à l’agro est resté très ancré en France avec peu d’ouvertures à l’international.
Et quand j’ai appris que nous pouvions effectuer six mois de notre formation à l’ESSEC dans la ville de Singapour, j’ai sauté sur l’occasion. Comme à AgroParisTech, j’ai pu, tout au long de mes deux formations, visiter un bon nombre d’entreprises souvent dirigées par des anciens élèves ; ce qui m’a alors énormément marqué à Singapour, c’est la différence d’âge des managers. D’un côté en France, les managers et directeurs généraux ont plutôt la quarantaine- cinquantaine, alors qu’en Asie, on trouve des managers beaucoup plus jeunes. Ils évoluent assez rapidement et les projets qu’on leur confie sont beaucoup plus importants et responsabilisants. Je l’ai d’ailleurs bien expérimenté ici. L’exposition que nous avons par rapport au management et la reconnaissance que nous en tirons sont beaucoup plus importantes.

J’étais donc décidé à partir et j’ai obtenu un VIE aux Philippines en tant que chef de projet, peu en rapport avec le génie des procédés, mais dans le secteur des équipements pour l’industrie agroalimentaire. C’était une entreprise qui vendait des équipements pour remplir des bouteilles. J’ai commencé là-bas et cela s’est bien passé. J’ai donc été promu et ils m’ont envoyé à Bangkok. Par la suite, j’ai eu une nouvelle opportunité en tant qu’ingénieur chargé d’affaires avant vente dans une boîte américaine qui fait également de la vente d’équipements de production pour les usines, mais plutôt pour de la nourriture dans leur cas. Mes clients sont par exemple McDo, Burger King ou KFC.

De quels équipements parlez-vous exactement ?

Ce sont des extrudeuses, des formeuses pour les nuggets, des « coating machines », des grosses friteuses, des fours et des congélateurs. On parle de capacité de 2 à 4 tonnes par heure. Ce sont des projets qui varient entre 5 et 20 millions de dollars et on vend en moyenne 5 à 10 projets comme cela par an.
 
Comment décririez-vous votre travail quotidien ?

Le chargé d’affaires, au sein de ma compagnie, est en lien avec un vendeur. Nous séparons la responsabilité technique et la relation client. Le vendeur va accompagner le client à n’importe quel moment, sur place, tandis que le chargé d’affaires va plutôt être le centre de solutions (à savoir le « cerveau » pour définir et appliquer celles-ci). Nous ne pouvons pas nous permettre d’en avoir une multitude. Quand on a un client, il s’adresse à un vendeur et si celui-ci juge le projet assez intéressant, il fait venir un chargé d’affaires. Nous discutons du cahier des charges et du produit et nous pouvons alors définir de quels équipements le client a besoin. Nous sommes là pour diriger le client et défendre une solution par rapport à celles de nos autres concurrents sur le marché (ce qui est le cas lorsque nous répondons à un appel d’offres par exemple). C’est l’avant-vente : je construis la solution et le cahier des charges à présenter au client pour la défendre et si jamais nous l’emportons et que nous obtenons l’offre, j’assure la passation du cahier au chef de projet pour être sûr de ce que l’on a défini avec le client.

Je suis également en charge d’une région appelée « Pacific » qui comprend la Corée, Taïwan, l’Indonésie et les Philippines. Je devrais par la suite couvrir également la zone Thaïlande, Cambodge, Vietnam mais je n’ai pas spécialement hâte.

Pourquoi ça ?

J’ai déjà eu à le faire l’année précédente car je remplaçais quelqu’un ; c’est en réalité énormément de déplacements. Pour être plus précis, quand vous êtes en déplacement dans un pays, c’est pour être entièrement focalisés sur un client ou une région : tout le temps que vous consacrez à cela, c’est du temps que vous ne mettez pas à profit pour d’autres clients qui attendent aussi vos offres et solutions. Il y a ainsi inéluctablement un moment où vous devez rattraper ce retard et généralement c’est le soir. Vous avez beaucoup moins de temps pour vous, c’est extrêmement accaparant.

Qu’envisagez-vous dans l’avenir ?

J’envisage vraiment de rester en Asie du Sud-Est car il y a énormément d’opportunités ici. Le manager au-dessus de vous, surtout dans une compagnie internationale, a plus tendance à vous faire confiance mais cela dépend bien sûr de vos résultats. Si vos résultats sont là, vous gagnerez rapidement sa confiance et vous évoluerez. Dans le cas inverse, les conséquences sont les mêmes que partout ailleurs.

Avez-vous rencontré certaines barrières dûes aux chocs culturels ?

Très peu dans mon cas, car je suis, rappelons-le, d’origine chinoise et j’ai été élevé dans la culture asiatique mais c’est vrai qu’il y a énormément de « non-dit » ici. Dans une ville comme Bangkok très cosmopolite, on rencontre maintenant très souvent des profils de Thaïlandais beaucoup plus ouverts qui savent dire non et prendre leurs propres initiatives ; cela facilite le travail. Ils sont de plus en plus ouverts à l’international et savent comment s’affirmer. Il y a une évolution notable.

L’Asie me plait vraiment beaucoup et j’ai envie d’y rester. La qualité de vie et le degré de service sont totalement différents et le niveau de technologie ici est vraiment élevé.
L’Asie évolue beaucoup plus vite et représente un endroit très passionnant et attractif. Je serais prêt à aller habiter un peu partout dans la région car vous n’avez, au fond, que très peu d’attaches à un pays en particulier. Vous n’êtes pas totalement chez vous et il reste ici une certaine forme d’insécurité, premièrement politique. C’est encore assez instable, très soumis à la corruption et vous ne savez jamais quand les lois changent surtout en termes d’immigration. Ils ne donnent pas la nationalité facilement et même si vous avez maison, conjoint et enfant, s’ils décident que vous devez quitter le territoire, vous devez partir.

Quels sont, selon vous, les enjeux majeurs de demain ?

L’intelligence artificielle et l’automatisation je dirais. Dans notre domaine, nous voyons que les choses évoluent beaucoup plus vite, ne serait-ce qu’en termes de méthodes de travail. Pour certains, utiliser les outils de gestion de commande en ligne, sur des tablettes, pouvoir tout centraliser sur les drives et que le client puisse suivre à n’importe quel moment ses commandes sont des révolutions technologiques qui se sont mises en place en très peu de temps. Surtout pour une industrie comme la mienne qui était un peu archaïque. Nous sommes aussi une génération qui va plus vite non pas dans la réflexion mais dans l’utilisation de son portable ou des outils informatiques ; c’est un enjeu majeur dans le sens où l’on travaille à deux vitesses. Nous manquons malheureusement, je pense, d’expérience au niveau du savoir et des compétences et sommes ainsi très dépendants. C’est un des challenges qui va se poser aux futures générations.

Il va falloir savoir révolutionner les industries. La population achète principalement en ligne et le service devient extrêmement performant. La livraison est à domicile et très rapide ; cela nous permet de tester le produit et de le renvoyer très facilement si cela ne nous convient pas. Nous cherchons en permanence à répondre à nos clients de la manière la plus simple et la plus efficace.

Je suis très content de mon parcours. Ce que m’a apporté AgroParisTech, c’est que sans rigueur, sans un minimum de travail, on n’arrive à rien, on est voué à l’échec. Ce sont des paroles qui sont dures à entendre mais qui sont vraies. Cela n’existe plus des personnes qui restent dans la même compagnie toute leur vie ; nous changeons même assez souvent de secteur. Nous avons donc appris une rigueur, à être professionnel et à préparer notre sujet à l’avance.
Ce que vous donne AgroParisTech, c’est d’avoir une structure et une rigueur dans l’approche des problèmes et des projets. Ce que m’a donné l’ESSEC, c’est une ouverture d’esprit qu’il me manquait car je n’avais pas été à l’international avec ma formation agro. J’ai ainsi pu rencontrer des profils très variés qui vous apprennent beaucoup à la fois sur la façon différente de penser des gens et comment analyser différents points de vue.

Avez-vous un dernier conseil pour les étudiants ?  

Rendez-vous compte que, dans ce que vous apprenez, ce n’est pas vraiment le contenu qui est essentiel mais plutôt la façon de l’assimiler qui importe le plus.
Il faut également toujours prendre du recul. Pourquoi est-ce que je fais ça ? Dans quel but ? Et si ce recul vous manque, c’est tout à fait normal mais cela vous permet de commencer à réfléchir. Prenez conscience de la chance que vous avez d’avoir accès à toutes les ressources dont vous disposez grâce à l’école et que le résultat est uniquement une conséquence de vos actions.

Ingénieur - Bangkok - équipements agroalimentaires - chargé d'affaire - commerce international - technique -  

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